Vers une arrivée prochaine de Peugeot et Jeep « made in China » sur nos routes ?

Image d'illustration. Concessionnaire PeugeotADN
Peugeot et Jeep, marques automobiles bien connues en Europe, pourraient prochainement voir certains de leurs modèles destinés au marché européen sortir d’usines chinoises, une perspective qui suscite interrogations et débats dans le secteur automobile.
Tl;dr
- Stellantis relance son alliance avec Dongfeng.
- Production de véhicules électrifiés prévue en Chine dès 2027.
- Négociations sur la vente d’usines européennes à Dongfeng.
Un partenariat historique relancé
Après des années de turbulences, le groupe automobile Stellantis ravive sa collaboration avec l’un de ses plus anciens alliés, le constructeur chinois Dongfeng. Le contexte, il faut le dire, n’est pas anodin : la direction de Stellantis envisage actuellement de céder certaines de ses usines européennes peu exploitées à son partenaire asiatique. Selon des sources syndicales, une délégation de Dongfeng a déjà effectué une visite remarquée sur le site Citroën de La Janais, près de Rennes. D’autres usines, notamment à Cassino en Italie et en Allemagne, seraient également concernées par ces discussions stratégiques.
Des ambitions mondiales pour l’électrification
Le nouveau souffle donné à cette alliance vieille de trente-quatre ans s’incarne dans un vaste projet industriel centré sur les véhicules « à énergie nouvelle ». À partir de 2027, deux modèles Peugeot électrifiés, inspirés des concepts dévoilés au dernier Salon automobile de Pékin, sortiront des chaînes de l’usine DPCA à Wuhan. Cette usine commune produira aussi deux tout-terrain hybrides rechargeables badgés Jeep pour le marché international. L’enjeu est d’accélérer la transition vers l’électromobilité et d’ouvrir davantage la voie à l’innovation sur les marchés mondiaux.
Investissements massifs et stratégie industrielle
Le soutien logistique et financier des autorités locales – province du Hubei et municipalité de Wuhan – joue ici un rôle déterminant. L’investissement total dépasse les 8 milliards de yuans (environ 1 milliard d’euros), dont une contribution notable de 130 millions d’euros apportée directement par Stellantis. Les deux groupes ont aussi officialisé un « accord stratégique » élargissant leur coopération à d’autres modèles à vocation internationale, alors même que Dongfeng, rappelons-le, n’a encore aucune implantation directe sur le vieux continent.
Nouvelles dynamiques pour une coentreprise chahutée
Petit retour en arrière : la coentreprise DPCA (créée en 1992) avait permis à ses débuts la production de plus de six millions de véhicules destinés au marché chinois. Mais sous la pression d’une concurrence locale féroce, le partenariat avait fini par s’essouffler ces dernières années. L’arrivée au capital du groupe PSA par Dongfeng, dès 2013 – alors que PSA traversait une période critique – avait marqué un tournant stratégique : aujourd’hui encore, Dongfeng détient 1,6 % du capital du géant franco-italo-américain.
Parmi les perspectives évoquées par les dirigeants :
- Lancement commun de nouveaux véhicules intégrant des technologies électriques avancées.
- Dynamisation industrielle dans l’usine DPCA.
- Poursuite possible des ventes d’actifs européens.
De quoi offrir à ce partenariat sino-européen une nouvelle dynamique face aux bouleversements profonds du secteur automobile mondial.