Un projet mondial se lance à la conquête des secrets que cachent nos rêves et notre sommeil

Un vaste projet de recherche international vient d’être lancé pour mieux comprendre le fonctionnement du sommeil et l’interprétation des rêves, avec l’espoir d’éclairer les mécanismes cérébraux à l’origine de ces phénomènes encore largement méconnus.

Détail d'un visage endormi, ambiance sereine avec des nuances douces
Image d'illustration. Visage apaisé endormi en gros plan — ADN

Tl;dr

  • Nouvelle base de données DREAM centralise la recherche sur les rêves.
  • Collaboration internationale pour harmoniser et partager les données.
  • Objectif : mieux comprendre les mécanismes cérébraux du sommeil.

Une initiative mondiale pour décrypter les rêves

Derrière l’acronyme DREAM, un projet scientifique d’envergure se profile. Au cœur de l’été 2025, pas moins de trente-sept institutions, parmi lesquelles l’Institut du cerveau, se sont réunies pour présenter une nouvelle base de données ambitieuse.

Cette plateforme inédite vise à « centraliser, partager et homogénéiser les données issues de la recherche sur le sommeil, la conscience et les rêves », comme le souligne l’une des équipes fondatrices. L’annonce intervient alors que la journée mondiale du rêve, célébrée le 25 septembre, remet sous les projecteurs ce pan mystérieux de notre existence.

DREAM : catalyseur de collaborations scientifiques

Fruit d’une coordination internationale menée par l’université Monash à Melbourne, DREAM s’impose comme un outil clé pour tous les chercheurs explorant l’univers du rêve. De nombreux scientifiques français figurent au sein du consortium ; leurs noms sont répertoriés dans des documents désormais accessibles.

L’objectif ? Permettre à la communauté scientifique de collaborer plus étroitement, mais aussi d’harmoniser méthodologies et standards autour d’un socle commun.

Mieux comprendre le sommeil grâce aux données partagées

Dans le domaine des neurosciences, l’accès à de larges ensembles de données fait défaut depuis longtemps. Les études en neuro-imagerie sur le sommeil se heurtent souvent à des moyens limités et reposent sur des échantillons restreints. Or, ces conditions entravent la possibilité de généraliser leurs résultats. C’est précisément là qu’intervient DREAM, dont le but affiché est triple :

  • Standardiser et rassembler toutes les données existantes relatives au sommeil et aux rêves ;
  • Rendre ces informations librement accessibles aux chercheurs partout dans le monde ;
  • Favoriser la collecte de nouvelles données, plus complètes et variées.

Nouvelles questions, nouveaux horizons pour la science du rêve

Si certains points restent encore flous, c’est bien parce que chaque avancée suscite davantage d’interrogations. Comme le rappelle Nao Tsuchiya, chercheur affilié à l’université Monash, « Pourquoi sommes-nous conscients pendant certains rêves et pas d’autres ? Pourquoi quelques personnes se souviennent-elles chaque nuit de leurs songes tandis que d’autres jamais ? Et que sait-on réellement des expériences conscientes sous anesthésie ou lors d’états limites comme le syndrome d’éveil non-répondant ? »

À mesure que la base s’enrichit, ces questionnements fondamentaux pourraient trouver réponse — voire ouvrir tout un champ de perspectives inédites sur les mécanismes cérébraux qui régissent nos nuits.

Jérôme Nelra

Éditeur·rice

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