The Abandons sur Netflix : quand la créativité bute sur l’algorithme

Critiques glaciales et tournage chaotique ont conduit à la fin prématurée du western ambitieux.

The Abandons
Image d'illustration. The Abandons — Netflix / PR-ADN

Tl;dr

  • Netflix a annulé The Abandons après un accueil critique très faible et des audiences décevantes.
  • Le créateur Kurt Sutter a quitté la série avant la fin du tournage, réduisant le nombre d’épisodes de dix à sept.
  • La production chaotique et la priorité donnée à l’algorithme sur la vision créative illustrent les difficultés actuelles d’Hollywood.

Une annulation sans surprise pour Netflix

Personne n’est tombé de sa chaise en apprenant que Netflix a mis un terme à la série The Abandons, pourtant portée par des actrices de renom comme Gillian Anderson et Lena Headey. Dès son lancement, ce western avait reçu un accueil glacial, avec un score famélique de 30% sur Rotten Tomatoes. L’ambition du projet était pourtant claire : opposer deux matriarches rivales dans l’Amérique des années 1850, entre luttes de pouvoir et alliances fragiles. Mais le résultat n’a jamais vraiment convaincu, ni les critiques, ni – semble-t-il – la plateforme de streaming.

Kurt Sutter : départ précipité et colère persistante

La situation s’est compliquée à quelques jours seulement de la fin du tournage. Le créateur du show, Kurt Sutter, déjà connu pour ses déboires sur d’autres productions (il avait été évincé de Mayans, selon ses propres mots, pour avoir été « un connard abrasif »), a quitté le navire deux semaines avant la dernière scène. Conséquence directe : le nombre d’épisodes initialement prévu (dix) a fondu à sept, entre reshoots incessants et épisodes bricolés à la hâte.

Coulisses d’une production chaotique

Derrière les caméras, c’est peu dire que tout n’a pas roulé : costumes discutables, intrigue jugée confuse et personnages sans réelle consistance malgré un casting cinq étoiles… On peine à trouver une pièce du puzzle qui aurait réellement fonctionné. La gestion du projet par Netflix est aujourd’hui pointée du doigt par son propre créateur.

Voici comment il l’exprimait sur Instagram dans un post depuis édité :

  • « Cher Netflix, la prochaine fois que vous laisserez l’algorithme primer sur la vision d’un créateur, souvenez-vous des conséquences : gâcher un projet prometteur. »
  • « Les actionnaires détestent découvrir qu’on a brûlé plus de 150 millions sur une série pour corriger les erreurs de direction – une tendance destructrice autant pour Hollywood que Wall Street. »

L’industrie hollywoodienne dans l’impasse ?

Malgré l’atténuation publique de ses propos — sans doute sous pression juridique — l’essentiel demeure. Kurt Sutter persiste à dénoncer une industrie qu’il juge à la dérive : « Hollywood s’assèche comme une ville pétrolière abandonnée… Nous aurions bien besoin d’un phénix… ou au moins d’un moineau déterminé ! ». Derrière ce constat désabusé se dessine le malaise actuel : pression financière croissante, logiques algorithmiques et perte du souffle créatif.

Avec cette annulation, Netflix confirme une politique radicale : place à l’efficacité mesurée… quitte à sacrifier quelques séries ambitieuses en chemin.

Jordan Servan

Spécialiste Divertissement

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