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Suicide d’une infirmière au Havre : lien reconnu avec ses « conditions de service »

Société > Hôpital > Suicide > Normandie
Par Gael Brulin,  publié le 6 mai 2017 à 9h50.

L'enquête administrative et la commission paritaire lancées sur le dossier d'une infirmière s'étant suicidée en juin dernier au Havre viennent de confirmer un lien avec les "conditions de service" de la victime. Laquelle avait d'ailleurs laissée une lettre à ce sujet.

Le 24 juin 2016, Emmanuelle, infirmière de 44 ans officiant au service néonatalogie de l’hôpital du Havre (Seine-Maritime), s’était donné la mort en dénonçant ses conditions de travail dans une lettre adressée à son époux.

Presque un an après le drame, les deux syndicats CGT du Groupe Hospitalier du Havre (GHH), le MICT et le OE, viennent de confirmer « le lien direct et unique » entre le suicide de l’infirmière et ses « conditions de service ». Une conclusion émise au terme d’une enquête administrative et du travail d’une commission paritaire, rapporte Le Parisien.

Enquête après le suicide d’un infirmière : « un constat assez poignant »

La CGT indique que « cette enquête a débouché sur un constat assez poignant et révélé une souffrance véritable et prégnante du personnel de l’ensemble de la filière (du service de médecine néonatale et de surveillance continue pédiatrique) ». Les résultats obtenus, comme affirmé par le syndicat, constituent « une réponse au compagnon et aux enfants, [soulagent] les équipes, et [démontrent] que le risque psychosocial est bien réel à l’hôpital ».

À l’été 2016, au moins quatre autres infirmiers avaient mis fin à leurs jours au CHU de Toulouse, à Saint-Calais et à Reims. En novembre puis, plus récemment, en janvier dernier, des manifestations d’infirmiers avaient eu lieu à Paris pour dénoncer leurs conditions de travail et l’inaction du gouvernement sur le problème.

Une revalorisation de la prime de nuit pas acceptée

Probable conséquence de cette mobilisation, la ministre de la Santé Marisol Touraine aura levé le voile en décembre sur un plan visant à améliorer ces conditions de travail. Un plan qui comprenait notamment un investissement de 30 milliards sur 3 ans aux services de santé et une concertation quant aux primes de nuit et du dimanche.

Ce dernier point n’a toutefois pas satisfait la CNI (Coordination Nationale Infirmière) qui, le 28 avril dernier par voie de communiqué, s’était indignée d’apprendre une revalorisation de la prime de nuit se traduisant par « une augmentation d’1,50€ net pour 10h de nuit travaillées ».

Le Récap
  • Enquête après le suicide d’un infirmière : « un constat assez poignant »
  • Une revalorisation de la prime de nuit pas acceptée
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