Stranger Things : le choix de préserver tous les héros en finale était-il une erreur ?

Image d'illustration. Stranger ThingsNetflix / PR-ADN
La série Stranger Things a choisi de préserver tous ses personnages principaux lors de son final, une décision qui a suscité de nombreux débats parmi les fans, certains estimant que l'absence de réels sacrifices diminue la portée émotionnelle de la conclusion.
Tl;dr
- La fin de Stranger Things satisfait mais déçoit, laissant les fans entre émotion et frustration après dix ans d’attente.
- La tension narrative est affaiblie, car les héros principaux restent intouchables tandis que seuls les personnages secondaires sont sacrifiés.
- Une conclusion rassurante mais peu audacieuse, qui privilégie l’espoir et l’amitié au détriment du suspense et de l’impact dramatique.
Une conclusion attendue, mais sans audace
Après près de dix ans d’attente, le dénouement de Stranger Things a suscité une pluie de réactions, oscillant entre satisfaction et frustration. Si le lancement du Volume 1 avait rassuré certains fans, ravi par la résolution précoce de plusieurs arcs narratifs, l’arrivée du Volume 2 a révélé quelques fissures dans l’édifice. Très vite, les réseaux sociaux se sont enflammés ; discussions passionnées, pétitions exigeant la diffusion de scènes coupées — l’ébullition populaire trahissait une attente immense face à ce qui devait être l’apothéose d’une série devenue culte.
Des promesses narratives en demi-teinte
Pourtant, au-delà des étreintes et des adieux émouvants, c’est bien le sentiment d’une prudence excessive qui domine. Depuis ses débuts, Stranger Things avait habitué son public à craindre pour ses personnages principaux. La série multipliait les adieux simulés et les situations désespérées : Steve encerclé par des monstres, Hopper s’engageant dans des missions suicidaires ou encore Eleven poussée à bout. Mais à force de faire planer la menace sans jamais l’accomplir véritablement, la tension s’est érodée. Le spectateur a fini par deviner que seuls les personnages secondaires — Bob, Billy ou Eddie — étaient sacrifiables. Les héros centraux restaient, eux, intouchables.
L’absence de conséquences majeures : un choix assumé mais discuté
Les créateurs, Matt et Ross Duffer, ont toujours revendiqué leur volonté de privilégier « l’amitié, la croissance et l’espoir » plutôt que la brutalité gratuite. Soit. Mais ce choix a engendré une certaine incohérence thématique lorsque la série promettait un affrontement aux enjeux irréversibles – notamment lors du combat final contre Vecna.
Voici comment cette mécanique narrative s’est concrétisée :
- Aucune mort centrale : même face à l’« apocalypse », le cœur du groupe survit.
- Tension affaiblie : la répétition des fausses alertes a désamorcé tout suspense.
- Aventures secondaires sacrifiées : seules des figures récemment introduites disparaissent vraiment.
Certes, l’émotion n’a pas déserté cette conclusion : les retrouvailles sont sincères et les adieux touchants. Mais alors qu’on nous promettait que « rien ne serait plus jamais comme avant », Hawkins paraît étrangement indemne et le futur du groupe… presque apaisé.
Une fin rassurante mais moins marquante
Alors fallait-il aller plus loin ? La question divise encore aujourd’hui. Les arcs de Hopper ou d’Eleven semblaient naturellement appeler à une issue tragique pour renforcer leur impact. Au lieu de cela, le scénario laisse planer un doute timide autour du destin d’Eleven, sans jamais trancher franchement. Ainsi, si l’on peut comprendre le désir des showrunners d’éviter tout cynisme violent, leur prudence prive paradoxalement la série du souffle épique qu’elle avait promis dès sa première saison.
En somme, Stranger Things se termine sur une note émotionnelle et bienveillante — mais aussi sur l’impression persistante que le grand saut n’aura jamais vraiment eu lieu.