Star Trek : les raisons derrière la prédominance de l’anglais dans l’univers de la franchise

Image d'illustration. Star TrekParamount / PR-ADN
La quasi-totalité des personnages de l'univers Star Trek communique en anglais, quelle que soit leur origine galactique. Cette particularité linguistique intrigue les fans, qui cherchent à comprendre comment la franchise justifie cet aspect dans ses scénarios.
Tl;dr
- Le traducteur universel de Star Trek permet une communication instantanée entre espèces, simplifiant les échanges pour les spectateurs.
- Son origine montre un compromis narratif : remplacer les barrières linguistiques par un artifice pratique, mais aux zones d’ombre nombreuses.
- Certains épisodes exploitent ses limites, rappelant que la traduction parfaite reste un outil fictif malgré la créativité autour des langues extraterrestres.
Un raccourci scénaristique incontournable
Dans l’univers foisonnant de Star Trek, peu d’innovations scénaristiques se sont avérées aussi pratiques que le fameux traducteur universel. Cette invention, si omniprésente qu’elle finit par s’effacer derrière les dialogues, permet à des êtres venus d’horizons galactiques variés de converser spontanément – et toujours dans un anglais impeccable. Pas besoin de gestes maladroits ou d’attentes interminables : qu’il s’agisse d’un échange officiel sur la passerelle ou d’une rencontre impromptue en pleine nature, la communication coule de source. On imagine aisément que chaque membre de la Starfleet dispose d’un implant linguistique sophistiqué, tant les obstacles langagiers semblent avoir disparu.
L’origine du concept et ses failles jamais élucidées
Ce choix pratique n’est pas le fruit du hasard. Dans « The Star Trek Interview Book » signé Allan Asherman (1988), l’auteur Jerry Sohl évoque l’idée initiale d’un traducteur porté au poignet, vite abandonnée au profit d’une simplification narrative : tout le monde parlerait anglais. Pourtant, accepter cet artifice suppose aussi d’en tolérer les nombreuses zones d’ombre. Le traducteur balaie-t-il systématiquement les bases de données linguistiques des vaisseaux visiteurs ? Comment expliquer que tous les aliens articulent parfaitement en anglais, leurs lèvres synchronisées avec la traduction ? Ce détail restera longtemps flou, jusqu’à ce qu’un film récent (Star Trek Beyond en 2016) ose montrer un personnage prononçant sa langue natale pendant que la traduction anglaise retentit en surimpression sonore.
Bugs scénaristiques et créativité autour de la communication
Néanmoins, quelques épisodes marquants s’amusent à souligner les limites du dispositif. Dans « Darmok », le capitaine Picard se heurte à une langue entièrement métaphorique, incompréhensible pour le traducteur. Parfois, c’est son inefficacité qui est montrée : dans « Dawn » (Enterprise), ou lors du voyage temporel des Ferengi dans « Little Green Men », où ils doivent improviser face à l’incommunicabilité humaine. D’autres situations forcent même les personnages à s’en remettre à de vieux dictionnaires papiers, comme Uhura devant parler klingon dans « The Undiscovered Country ».
Mondialisation linguistique… mais pas totale
Quelques détails intriguent toujours : parle-t-on vraiment anglais sur l’Enterprise, ou chaque protagoniste s’exprime-t-il dans sa propre langue maternelle ? Les cas où le traducteur trébuche sont rares mais éloquents : il met parfois plusieurs minutes à décoder un langage alien (exemple avec les Skrreeans dans « Sanctuary »). Malgré tout, la franchise prend parfois le parti inverse : embaucher un linguiste comme Marc Okrand pour élaborer une grammaire complète du klingon et offrir aux fans des scènes entières dans cette langue, sous-titrées évidemment. Un rappel subtil que si le rêve du traducteur universel fascine autant, c’est peut-être justement parce qu’il reste, encore aujourd’hui… purement fictionnel.