Souffrir de cauchemars multiplierait par trois le risque de décès avant 75 ans

Image d'illustration. Ombre mystérieuse sur le bord du litADN
Des recherches récentes révèlent que les personnes sujettes aux cauchemars présentent un risque de mortalité prématurée trois fois plus élevé avant l’âge de 75 ans, soulignant l’importance de mieux comprendre le lien entre sommeil perturbé et santé globale.
Tl;dr
- Cauchemars fréquents : risque accru de décès précoce.
- Vieillissement cellulaire accéléré observé chez ces personnes.
- Des thérapies simples pourraient réduire ce risque.
Des cauchemars loin d’être anodins
La nuit, être brutalement tiré de son sommeil par un cauchemar n’est jamais agréable. Mais selon une récente étude américaine menée sur plus de 4 000 adultes âgés de 26 à 74 ans, le problème pourrait être bien plus profond qu’on ne l’imagine.
Les chercheurs révèlent que les personnes souffrant chaque semaine de mauvais rêves seraient près de trois fois plus susceptibles de décéder avant 75 ans que celles rarement concernées. À noter toutefois : ces résultats attendent encore la validation par des pairs.
Mécanismes biologiques et stress nocturne
L’équipe s’est penchée sur ce qui pourrait expliquer cette surprenante association. Les scientifiques ont analysé l’« épigénétique » – c’est-à-dire des marques chimiques sur l’ADN servant d’horloge biologique – et constaté que les individus fréquemment tourmentés présentaient un âge biologique supérieur à leur âge réel, quel que soit l’outil utilisé (DunedinPACE, GrimAge, ou PhenoAge). Selon eux, près de 39% du lien entre cauchemars et décès prématuré s’expliquerait par ce phénomène de vieillissement accéléré.
Mais comment un simple rêve peut-il laisser une telle trace ? Lorsqu’un cauchemar surgit, il provoque une décharge massive d’adrénaline ou de cortisol, mimant un état d’urgence alors même que le corps est paralysé. Si ces alertes se répètent nuit après nuit, le système nerveux finit par rester partiellement en alerte en journée, favorisant inflammation chronique, tension artérielle élevée et altération des cellules protectrices du génome.
Cauchemars : signal d’alerte pour la santé publique ?
Loin d’être rares, les cauchemars hebdomadaires toucheraient environ 5% des adultes, selon les estimations citées par l’étude. Et d’autres travaux ont déjà mis en évidence un risque accru de démence ou de maladie de Parkinson plusieurs années avant tout symptôme diurne chez ceux sujets à ces troubles nocturnes. Les zones cérébrales impliquées dans le rêve sembleraient également vulnérables aux maladies neurologiques : signe précurseur ? Peut-être.
Face à ces constats préoccupants mais non définitifs (notamment parce que l’échantillon était essentiellement composé de blancs américains), les chercheurs évoquent plusieurs solutions éprouvées pour réduire la fréquence des mauvais rêves :
- TCC pour l’insomnie
- Imagery-rehearsal therapy (réécriture consciente du rêve)
- Mise en place d’un environnement propice au sommeil (frais, sombre, sans écran)
Une piste thérapeutique prometteuse ?
Si d’autres études viennent confirmer ce lien inattendu entre cauchemars réguliers et mortalité précoce – rappelons que les données ici s’appuient sur des auto-déclarations –, il serait envisageable que lors des visites médicales classiques, les soignants s’intéressent autant au sommeil qu’au taux de cholestérol ou à la pression artérielle.
Après tout, traiter les cauchemars avec ces approches douces est non seulement accessible et peu coûteux mais pourrait bien offrir quelques années de vie supplémentaires… et des nuits enfin sereines.