Sommet Trump-Poutine : l’Union européenne s’efforce d’influencer une réunion clé pour l’Ukraine

À la veille d'une rencontre cruciale entre Donald Trump et Vladimir Poutine, l’Union européenne s’efforce de faire entendre sa voix afin d’influencer les discussions, dans l’espoir de défendre les intérêts de l’Ukraine face aux deux grandes puissances.

Deux professionnels en affaires se serrent la main au-dessus d'une table avec des graphiques à l'arrière-plan.
Image d'illustration. Professionnels en affaires serrant la main — ADN

Tl;dr

  • L’UE se mobilise face au sommet Trump-Poutine.
  • Un accord sans l’Ukraine inquiète les Européens.
  • Les combats continuent malgré la diplomatie.

L’inquiétude européenne face à un sommet décisif

L’annonce soudaine d’un sommet entre Donald Trump et Vladimir Poutine, prévu vendredi en Alaska, suscite de vives préoccupations au sein de l’Union européenne.

Derrière la perspective d’une possible négociation sur la guerre en Ukraine, les Vingt-Sept redoutent qu’un accord soit conclu sans leur implication ni celle de Kiev, alors même que des propositions telles que « des échanges de territoires » sont évoquées par l’ex-président américain pour mettre fin à un conflit qui ensanglante la région depuis plus de trois ans.

Mobilisation diplomatique tous azimuts

Dans ce contexte, la chef de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, multiplie les prises de parole. Elle insiste : « Tout accord entre les États-Unis et la Russie doit inclure l’Ukraine et l’UE, car c’est une question de sécurité pour l’ensemble de l’Europe ». Une position reprise en cœur par plusieurs capitales du continent. Pour coordonner leur riposte, une réunion extraordinaire des ministres européens des Affaires étrangères est ainsi convoquée lundi par visioconférence, en présence du ministre ukrainien Andriï Sybigua.

Ce rendez-vous s’ajoute à une série d’échanges déjà intenses : samedi, au Royaume-Uni, des conseillers à la sécurité nationale américains et européens ont fait le point aux côtés du vice-président américain JD Vance, tandis que le président ukrainien Volodymyr Zelensky multipliait les appels auprès de ses homologues européens – treize chefs d’État sollicités en trois jours – mais aussi avec ceux du Kazakhstan et d’Azerbaïdjan.

L’espoir ténu d’une paix négociée

Pourtant, malgré cette effervescence diplomatique, l’horizon reste sombre. L’Ukraine n’est toujours pas conviée officiellement au sommet d’Alaska ; une participation qui demeure « possible », selon l’ambassadeur américain auprès de l’Otan. Le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, tente néanmoins de rassurer : « Vendredi prochain sera important, car il s’agira de tester Poutine et de déterminer son engagement à mettre fin à cette terrible guerre ».

Côté russe, le ballet téléphonique est également intense : neuf chefs d’État ou de gouvernement contactés par Poutine, dont Xi Jinping, Narendra Modi et Lula. Mais Moscou pose des exigences jugées inacceptables par Kiev : cession définitive des régions partiellement occupées (Donetsk, Lougansk, Zaporijjia et Kherson), abandon des ambitions atlantistes et arrêt total des livraisons d’armes occidentales.

Bilan humain toujours plus lourd

Pendant que les tractations se poursuivent dans les coulisses du pouvoir international, le conflit continue à faire rage sur le terrain. Dimanche encore, six civils ont péri lors de frappes russes en Ukraine ; la gare routière centrale très fréquentée de Zaporijjia a été touchée par une bombe planante russe faisant vingt blessés.

De son côté, Moscou déplore un mort dans une attaque ukrainienne menée par drones contre des « entreprises industrielles » à Arzamas. Le bilan humain ne cesse donc de s’alourdir, loin des salons feutrés où se dessinent peut-être déjà les contours fragiles d’une paix incertaine.

Jérôme Nelra

Spécialiste International

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