Slipstream : la transition difficile de Mark Hamill après Star Wars

Image d'illustration. SlipstreamEntertainment Film Distributors / PR-ADN
Avant de devenir une curiosité oubliée, Slipstream réunissait Mark Hamill et le créateur de Tron. Un vrai concept, un gros casting, puis l’échec.
En bref
- Dans Slipstream, Mark Hamill joue Will Tasker, un homme de loi impliqué dans une chasse à la prime dans un monde futuriste ravagé par la pollution et les vents extrêmes.
- Le film arrive à une période charnière de sa carrière, peu après Star Wars, alors qu’il cherche encore à se repositionner hors du rôle de Luke Skywalker.
- Ce projet fait partie d’une phase plus fragile de sa filmographie, avant qu’il ne trouve une nouvelle stabilité notamment grâce au doublage, en particulier avec le Joker dans Batman: The Animated Series.
Il y a des films qui ont tout pour intriguer sur le papier, puis plus rien une fois sortis. Slipstream, sorti en 1989, fait clairement partie de cette catégorie. Science-fiction, décor de fin du monde, visages connus, et derrière la caméra le créateur de Tron. Franchement, la fiche technique donne envie. Le résultat, lui, a disparu presque aussitôt.
Un casting costaud pour un film vite évaporé
Dans Slipstream, on se retrouve dans un futur proche où la pollution a ravagé la planète et où des vents géants dominent le monde. L’intrigue suit une affaire de prime, quand Matt, joué par Bill Paxton, enlève un meurtrier incarné par Bob Peck au nez de l’homme de loi Will Tasker, campé par Mark Hamill, pour toucher lui-même la récompense.
Et ce n’est pas tout. Le film aligne aussi Ben Kingsley, oscarisé pour Gandhi en 1983, ainsi que F. Murray Abraham, connu pour Amadeus. Sur le papier, il y avait de quoi faire bien mieux qu’une curiosité VHS oubliée au fond d’une étagère.
Sauf que le public n’a pas suivi. Au Royaume-Uni, le passage en salles a été très bref. Aux États-Unis, le film est parti directement en vidéo. Même accueil côté critiques, avec 43% sur Rotten Tomatoes, et un score public encore plus rude à 24%. Un bon concept, parfois, ça ne suffit pas.
Steven Lisberger, l’homme derrière Tron
Si le nom de Steven Lisberger dit quelque chose, c’est surtout à cause de Tron. Le film de 1982 n’avait pas été un carton à sa sortie, mais son influence sur la science-fiction est restée énorme. Toute une génération de cinéastes a regardé ça de près. Visuellement, l’empreinte est là, encore aujourd’hui.
Avec Slipstream, Lisberger revenait donc à la SF avec une idée intéressante. Mais l’échec critique et commercial du film a laissé des traces. C’est même resté son dernier long métrage en tant que réalisateur. Plus tard, il a tenté de revenir avec Soul Code, sans jamais réussir à lancer le projet.
Pourquoi Slipstream compte encore un peu aujourd’hui ?
Pour Mark Hamill, le timing raconte aussi quelque chose. Quelques années après Return of the Jedi, la parenthèse Star Wars était refermée, au moins pour un temps. Il devait se réinventer ailleurs, dans une période où les propositions n’étaient pas folles. Slipstream fait partie de cette phase-là, plus fragile, plus chaotique aussi.
La suite de sa carrière, on la connaît mieux. Mark Hamill a ensuite trouvé un terrain très solide dans le doublage, notamment avec le Joker de Batman: The Animated Series. Quant à Lisberger, il a quand même vu son œuvre la plus célèbre survivre, puisque Disney a prolongé l’univers avec Tron: Legacy en 2010.
Plus récemment, la franchise a continué avec Tron: Ares en 2025, avant un nouveau revers au box-office. Ce n’est pas rien. Le monde de Tron vit encore, alors que Slipstream, lui, reste coincé dans un angle mort de la pop culture.