Siren Head : le monstre du web qui affole Hollywood

Warner Bros. a remporté les droits de Siren Head, créature virale née sur internet. Un projet qui en dit long sur la nouvelle chasse aux franchises horrifiques.

Siren Head
Image d'illustration. Siren Head — Trevor Henderson / PR-ADN

En bref

  • Hollywood se lance dans une guerre d’enchères pour adapter des monstres nés sur Internet comme Siren Head.
  • Warner Bros. Pictures mise sur des créateurs solides et sur des univers déjà populaires auprès des jeunes audiences.
  • Le succès des horreurs du web attire, mais le risque est de perdre ce qui faisait leur mystère d’origine.

Cinq studios voulaient le même monstre. Et c’est Warner Bros. Pictures qui a raflé la mise sur Siren Head, cette créature imaginée par l’artiste Trevor Henderson et devenue virale en 2018. L’info dit quelque chose de plus large, Hollywood regarde de très près les récits d’horreur nés sur internet.

Une guerre d’enchères pour un monstre né en ligne

Pendant des années, les films de super-héros semblaient intouchables au box-office. Depuis environ cinq ans, la mécanique patine et les studios cherchent autre chose. Un temps, les adaptations de jeux vidéo ont paru tenir ce rôle. Là, la piste la plus chaude passe par les phénomènes horrifiques du web.

Le succès de Backrooms, mais aussi l’intérêt suscité par Obsession chez un public très jeune, ont renforcé cette tendance. Warner Bros. Pictures parie donc sur un nom déjà installé en ligne, avec une communauté de fans et un imaginaire immédiatement reconnaissable. Sur le papier, le calcul est limpide.

Un duo déjà solide pour écrire et réaliser

Le point qui rend le projet plus sérieux qu’un simple coup marketing, c’est l’équipe choisie. Zach Cregger, réalisateur de Weapons et Barbarian, doit produire le film et coécrire le scénario avec Brian Duffield.

D’après The Hollywood Reporter, Brian Duffield est aussi pressenti pour la mise en scène. Son nom revient souvent dans le genre, avec No One Will Save You, le futur Whalefall, mais aussi l’écriture de Underwater et la réalisation de Spontaneous. Quant à Zach Cregger, la source rappelle que Weapons a décroché un Oscar pour Amy Madigan.

Pourquoi Siren Head fonctionne déjà comme idée de film ?

Le travail de Trevor Henderson repose sur une idée simple et très efficace, partir de photos déjà prises et y glisser une présence absurde, malsaine, impossible à oublier. Siren Head en est l’exemple parfait.

Trevor Henderson décrit cette entité comme un chasseur rusé capable de se fondre aussi bien dans les arbres que dans un décor urbain. La créature utilise l’imitation et des manipulations sonores pour isoler, désorienter, puis faire disparaître ses victimes. Franchement, on a presque déjà le pitch du film.

Le vrai risque des horreurs du web adaptées au cinéma

Ce mouvement d’Hollywood n’a rien de surprenant. Un univers né sur internet arrive avec un public déjà là, une mythologie, des images connues. Mais il y a aussi un piège, les fans savent précisément ce qui les attire dans ces histoires.

Si le film sur-explique ou déplace la peur vers autre chose, il peut casser le mystère qui faisait tout le sel du matériau d’origine. C’est le danger classique de ce genre d’adaptation.

Reste que Siren Head a des arguments. Backrooms a ouvert à plus de 80 millions de dollars sur son premier week-end et dépasse désormais environ 330 millions de dollars dans le monde, à partir d’une série YouTube. Et Trevor Henderson ne s’arrête pas à un seul monstre. Pour une franchise, le réservoir est déjà là.

Jordan Servan

Spécialiste Divertissement

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