Sébastien Lecornu plaide pour l’extension du repas étudiant à 1 euro dans toutes les universités

Sébastien Lecornu souhaite étendre le dispositif du repas universitaire à 1 euro, une mesure déjà en place dans certaines situations, afin de faciliter l’accès à une restauration abordable pour l’ensemble des étudiants partout en France.

Gros plan de légumes, protéines et céréales disposés harmonieusement sur un plateau de cafétéria.
Image d'illustration. Gros plan d un repas équilibré sur un plateau de cafétéria — ADN

Tl;dr

  • Repas à 1 euro généralisé dès mai pour étudiants.
  • Mesure saluée mais jugée insuffisante par les syndicats.
  • Précarité étudiante : 48 % ont déjà sauté un repas.

Un tournant attendu pour les restaurants universitaires

Dès le mois de mai, l’accès aux repas universitaires à 1 euro devrait être généralisé à tous les étudiants, selon la promesse du Premier ministre Sébastien Lecornu. Cette évolution, ardemment revendiquée par les organisations étudiantes, vise à répondre à une précarité croissante dans les rangs universitaires.

Jusqu’à présent, seuls les étudiants boursiers ou faisant face à des « difficultés financières » pouvaient profiter de ce tarif préférentiel, pendant que les autres devaient s’acquitter de 3,30 euros par repas.

Entre urgence sociale et débats politiques

La question n’est pas nouvelle. Durant la pandémie de Covid-19, le dispositif avait déjà été élargi à tous, avant d’être supprimé malgré la contestation des syndicats étudiants. L’Assemblée nationale a connu plusieurs passes d’armes sur ce sujet : en janvier 2023, un texte visant la généralisation avait été rejeté d’une courte tête.

Un an plus tard, la proposition socialiste refait surface et obtient cette fois-ci une large majorité – la plupart des députés macronistes ayant préféré s’abstenir. Mais le texte attend toujours son examen au Sénat.

Des attentes contrastées chez les acteurs concernés

L’annonce du gouvernement a suscité des réactions diverses. Pour Louise Lenglin, vice-présidente de la principale organisation étudiante Fage, il s’agit d’« une avancée après des années de mobilisation ». Elle nuance néanmoins : « Cela ne constitue pas une réforme systémique et ne règle pas tout : il faudrait surtout revaloriser les bourses selon les vrais revenus des étudiants. » Même prudence chez l’Unef, où Salomé Hocquard rappelle l’importance des investissements dans les infrastructures du Crous. L’Union étudiante se réjouit certes d’une « victoire symbolique », mais pointe le risque que cette mesure serve de cache-misère à un budget jugé « austéritaire ».

Voici ce qui ressort d’une enquête menée à l’automne dernier auprès de plus de 5 000 étudiants :

  • 48 % ont déjà renoncé à se nourrir faute de moyens ;
  • 23 % déclarent y renoncer plusieurs fois chaque mois.

L’enjeu derrière le symbole

En 2024, près de 667 000 étudiants profitaient déjà du repas à tarif réduit – soit une progression notable (+5,3 %) par rapport à l’année précédente –, tandis que plus de 46 millions de repas subventionnés ont été servis sur douze mois.

Jérôme Nelra

Spécialiste Société

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