Restos du Cœur : une 41e campagne marquée par la précarité des jeunes et la détresse psychologique

Image d'illustration. Précarité alimentaire. ADN
La 41e campagne des Restos du Cœur met en lumière l’évolution du profil des personnes aidées, avec une présence accrue de jeunes et de personnes souffrant de troubles psychiques, révélant la diversité et la complexité croissante des besoins pris en charge.
Tl;dr
- 50 % des bénéficiaires ont moins de 25 ans.
- 52 % des personnes aidées sont des femmes.
- Précarité accrue et santé mentale fragilisée constatées.
Une campagne sous le signe de l’urgence sociale
Pour leur 41e édition, les Restos du Cœur tirent une nouvelle fois la sonnette d’alarme. L’association, qui entame sa campagne ce mardi 18 novembre 2025, dresse un constat sans appel : l’augmentation du niveau de pauvreté en France atteint des sommets inédits.
Pas moins de 1,3 million de personnes accueillies, avec quelque 161 millions de repas distribués gratuitement. Un chiffre qui ne traduit pas seulement la précarité grandissante, mais aussi une évolution frappante des profils touchés.
L’émergence d’une jeunesse précarisée
C’est un fait désormais difficile à ignorer : la précarité gagne massivement du terrain chez les jeunes. D’après l’Observatoire des Restos du Cœur, 50 % des bénéficiaires en 2024-2025 ont moins de 25 ans. Les étudiants, notamment, cristallisent une forme de vulnérabilité singulière ; près d’un tiers affirme « ne pas disposer de ressources suffisantes ». Plus troublant encore, un tiers des personnes accueillies a moins de 15 ans – dont 15 % ont même moins de cinq ans. La présence importante de familles avec enfants en bas âge confirme ainsi une précarité marquée dès les premières années.
Ce constat fait tristement écho au rapport récent de l’Observatoire des inégalités, selon lequel « les enfants et les jeunes adultes sont nettement plus touchés par la pauvreté que les autres tranches d’âge ».
L’autre visage de la précarité : genre, isolement et santé mentale fragile
Contrairement à certaines idées reçues, les seniors restent minoritaires parmi les bénéficiaires : seules 4 % des personnes aidées ont plus de 65 ans et à peine 1 % dépassent les 75 ans. Pourtant, le taux national de pauvreté dans cette tranche atteint presque 11 %. Faut-il y voir une « précarité silencieuse » ou un moindre recours à l’aide alimentaire chez nos aînés ? La question reste ouverte.
Par ailleurs, le portrait type du bénéficiaire s’avère être… une femme. L’an passé, celles-ci représentaient 52 % des personnes accueillies. Ce phénomène trouve racine dans la part importante des familles monoparentales – très souvent composées d’une mère seule avec enfants.
Enfin, l’étude pointe également une réalité psychique alarmante :
- 64 % des bénéficiaires disent avoir traversé au moins un épisode dépressif sur l’année écoulée.
- L’isolement social, vécu par un tiers d’entre eux, apparaît comme la principale cause.
- 27 % déclarent n’avoir absolument personne sur qui compter.
Poursuivre la mobilisation face aux incertitudes économiques
Dans un contexte économique et politique instable, les Restos du Cœur appellent à maintenir l’engagement solidaire. Le défi est immense : accompagner toujours plus de personnes vulnérables dont le visage change sans cesse.
Car derrière chaque repas distribué se cache une histoire – souvent celle d’une jeunesse abîmée par la crise et le manque cruel de perspectives.