En bref
- Le lien fonctionne dans les deux sens
- Les troubles psychiques augmentent les risques dentaires
- Les dentistes appellent à un suivi adapté
Un problème dentaire ne se limite pas à une dent. Quand il empêche de manger normalement, qu’il entraîne une perte de dents ou qu’il complique les relations sociales, il peut aussi atteindre le bien-être émotionnel, l’estime de soi et, plus largement, la qualité de vie. C’est le message mis en avant par le Conseil général des dentistes d’Espagne à l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale.
Quand la bouche finit par peser sur le moral
Ce point est central, parce qu’on pense souvent au lien dans un seul sens. Or, pour le Conseil général des dentistes d’Espagne, la relation est bien bidirectionnelle. Une mauvaise santé buccale peut affecter négativement l’équilibre psychologique, tandis que les troubles mentaux peuvent, eux, détériorer fortement l’état de la bouche.
Concrètement, les dentistes citent des situations très simples à comprendre. Des douleurs, des difficultés pour manger ou l’absence de certaines dents peuvent freiner la vie sociale et finir par peser lourd dans le quotidien.
Des troubles psychiques souvent associés à plus de problèmes dentaires
Dans l’autre sens, les chiffres avancés par le Conseil général des dentistes d’Espagne sont parlants. Les adultes ayant des problèmes de santé mentale présentent 25 % de caries de plus que l’ensemble de la population. Près d’une personne sur deux souffre aussi d’une maladie parodontale, deux sur trois ont eu une douleur dentaire au cours de l’année écoulée, et plus d’un tiers ont des caries non traitées.
Les dentistes expliquent cela par plusieurs facteurs. Certaines personnes négligent davantage leur hygiène buccale quand leur état psychique se dégrade. D’autres évitent le cabinet à cause d’une phobie des soins dentaires, ce qui retarde les consultations et aggrave la situation.
Médicaments, stress, boulimie, gestes de brossage, les causes sont multiples
Le tableau est plus large qu’un simple brossage irrégulier. Chez des personnes souffrant de boulimie, l’acidité liée aux vomissements peut provoquer une érosion des dents. Les dentistes signalent aussi de faibles niveaux de calcium, susceptibles d’affecter la santé dentaire.
Autre cas cité, un brossage trop énergique chez des personnes atteintes de troubles bipolaires ou comparables, qui peut user l’émail. S’ajoutent des effets indésirables de certains médicaments, notamment la sécheresse buccale, aussi appelée xérostomie, ainsi que le bruxisme, souvent lié au stress et à l’anxiété.
Les conseils des dentistes pour éviter la spirale
Les recommandations restent classiques, mais elles prennent ici un relief particulier. Le Conseil général des dentistes d’Espagne conseille de se brosser les dents au moins deux fois par jour pendant deux minutes avec un dentifrice fluoré, sans oublier l’hygiène interdentaire. Il recommande aussi une alimentation équilibrée, moins de sucres, de l’eau régulièrement, et une consultation si la bouche sèche persiste.
Le conseil demande également d’éviter tabac et alcool, et de ne pas utiliser bains de bouche ou autres produits n’importe comment. En cas d’odontophobie, le patient a intérêt à le signaler à l’équipe soignante avant le traitement. Et Óscar Castro, président du Conseil général des dentistes d’Espagne, le résume ainsi : « La bouche fait partie de notre santé générale et peut aussi influer sur notre bien-être émotionnel ». Derrière cette phrase, une idée simple, parler de ses troubles et de ses traitements permet d’adapter les soins et d’agir plus tôt.