En bref
- Mordu par un zombie, Bryan finit lourdement muté.
- Sa chute rappelle l’histoire tragique de plusieurs monstres emblématiques.
- Le film assume une nouvelle histoire tout en respectant les codes de la saga.
La fin de Resident Evil version 2026 ne cherche pas à faire plaisir avec un clin d’œil facile. Elle fait pire, ou mieux, selon votre seuil de tolérance. Elle transforme son héros en monstre, et c’est justement là que le film touche quelque chose de très juste dans l’univers de Resident Evil.
Bryan ne sort jamais du cauchemar
Au départ, Bryan, joué par Austin Abrams, n’est qu’un convoyeur médical chargé d’apporter ce qu’il croit être un organe à un hôpital de Raccoon City. Sauf que la ville bascule déjà dans le chaos provoqué par la horde de zombies de Umbrella Corporation.
En plein trajet, il est mordu au bras par une petite fille zombie. Plus tard, quand il arrive enfin à destination, son colis se révèle être une pièce essentielle pour fabriquer un remède. Mais l’infection prend le dessus. Bryan massacre les scientifiques, le remède lui échappe, puis le film s’arrête sur des hélicoptères de la National Guard face à un Bryan déjà lourdement muté. Une fin sèche, presque brutale. Et franchement, elle colle bien à la saga.
Dans Resident Evil, même les monstres ont une histoire
Ce final n’est pas là juste pour choquer. Il rappelle une idée très forte des jeux Resident Evil, souvent planquée derrière l’action et le gore, chaque zombie était une personne avant de devenir une cible.
Le film le glisse dès une scène sur une route verglacée, quand Bryan percute une femme infectée dont on ne saura jamais rien. Pour lui, ce n’est qu’une menace. Pour le spectateur, c’est aussi une victime de Umbrella Corporation.
Les jeux fonctionnent souvent comme ça. Dans le remake de 2002 du premier Resident Evil, Lisa Trevor est à la fois monstrueuse et tragique, après avoir servi de cobaye toute sa vie. Dans Resident Evil 2, le boss final, Dr. William Birkin, finit détruit par le virus qu’il a lui-même créé. Le sort de Bryan s’inscrit clairement dans cette logique, celle d’un boss qui garde une part d’humanité.
Un film original, mais pas hors sujet
Le choix peut frustrer ceux qui attendaient une adaptation fidèle des jeux. Zach Cregger assume pourtant l’inverse. Sur le tapis rouge, il a expliqué à Variety que si le film portait un autre nom, les joueurs diraient immédiatement : « Il peut vraiment faire ça ? C’est Resident Evil. Ça devait être Resident Evil, ça a été écrit pour être Resident Evil ».
Son argument tient debout. Le film raconte une histoire inédite dans l’univers des jeux, avec une chronologie qui ne colle pas parfaitement, mais il retrouve ce mélange d’horreur gore, de comédie noire un peu crasseuse et de cruauté absurde. Le parcours de Bryan ressemble presque à un long run de malchance. Pas une copie des jeux, non. Mais un vrai film Resident Evil, à sa façon.