En bref
- La France prépare l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans dès septembre 2026.
- La loi prévoit aussi des restrictions sur les téléphones à l’école et la publicité en ligne.
- Le principal défi sera de contrôler efficacement l’âge des utilisateurs.
La rentrée de septembre est déjà dans toutes les têtes. En France, le Parlement a adopté un texte qui prévoit d’interdire les réseaux sociaux aux enfants de moins de 15 ans. Il doit encore passer devant le Conseil constitutionnel avant d’entrer en vigueur.
Une rentrée de septembre déjà dans le viseur
Le calendrier politique, lui, va vite. Sur le réseau social X, Emmanuel Macron a remercié le Parlement après le vote et a demandé une mise en œuvre dès le début de l’année scolaire, en septembre. Le président avait déjà poussé pour accélérer l’examen du texte.
Si ce feu vert final arrive, la France pourrait devenir le premier pays de l’Union européenne à appliquer une telle mesure. Le signal est fort, surtout dans un débat qui monte partout sur la place des plateformes dans la vie des plus jeunes.
Ce que la loi veut vraiment bloquer
Le texte ne s’arrête pas aux comptes Instagram, TikTok ou autres, même si les plateformes ne sont pas nommées ici. Son objectif affiché est de répondre aux effets négatifs sur la santé associés à l’usage des réseaux sociaux chez les enfants.
Il prévoit aussi d’interdire les téléphones mobiles à l’école. Et ce n’est pas tout. De nouvelles règles doivent aussi encadrer la manière dont les plateformes de réseaux sociaux font leur publicité.
Bref, on parle d’un tour de vis plus large qu’un simple bouton « interdit » sur une appli.
Le nerf de la guerre, vérifier l’âge
Sur le papier, l’idée est claire. Dans la pratique, c’est plus compliqué. Les autorités ont évoqué le recours à des outils de vérification d’âge pour savoir si un utilisateur est assez âgé pour ouvrir un compte.
Mais le système exact n’est pas encore défini. Et c’est là que le dossier devient vraiment sensible. Le choix de la méthode pourrait revenir à ARCOM, le régulateur français des communications numériques, qui sera chargé de faire appliquer l’interdiction.
Sans contrôle solide, la loi risque de se heurter très vite aux limites techniques du terrain.
Une première en Europe, avec des doutes déjà connus
D’autres pays avancent sur le même sujet. L’Australie a déjà adopté une régulation comparable en 2024. Le Royaume-Uni a étudié cette piste et applique déjà en partie une logique similaire avec les exigences d’âge de l’Online Safety Act. Le Danemark, de son côté, se rapproche aussi d’une interdiction. Et au Canada, un projet de loi présenté en juin vise les jeunes de 16 ans ou moins.
Mais il y a un vrai caillou dans la chaussure. Deux études publiées en avril et en juin ont montré qu’un nombre important d’enfants australiens continuaient à utiliser les réseaux sociaux malgré l’interdiction, possiblement à cause d’une vérification d’âge trop laxiste du côté des plateformes. Même constat avec les premiers ratés signalés autour du système de contrôle d’âge de Roblox.
La loi française veut frapper vite. Son vrai test, lui, commencera au moment de la faire respecter.