Rennes : Le médecin fabriquait des vaccins à base d’excréments

L’ancien urologue avait été radié en 2006, mais continuait d’exercer illégalement en marge de la médecine traditionnelle.

Stéthoscope sur un bureau vide, absence de médecins en protestation
Image d'illustration. Stéthoscope sur bureau vide — ADN

De médecin, à charlatan pour finir par exercer dans l’illégalité. Voici le parcours chaotique d’un ancien chirurgien-urologue jugé ce lundi par le tribunal correctionnel de Rennes. L’homme, désormais âgé de 80 ans, était notamment adepte d’une pratique peu ragoûtante qui consistait à soigner ses patients grâce à leurs matières fécales.

Radié pour charlatanisme

L’histoire de ce médecin peu conventionnel est relatée par nos confrères de Ouest-France. Après des années à exercer en tant que chirurgien-urologue, le médecin est radié en 2006 par le Conseil de l’ordre pour charlatanisme. Ce n’est pas ce qui l’arrêtera et de septembre 2011 à décembre 2015, date à laquelle il se fera pincer, il continuera à exercer dans un rôle qu’il décrit lui-même de « consultant ».

Devant les juges, il affirme qu’il ne voulait pas continuer à travailler illégalement, mais que l’insistance de ses anciens patients qui le « suppliaient » de poursuivre son activité l’a poussé dans cette voie.

Vaccin aux matières fécales

Pour l’ancien médecin, c’est bien parce qu’il avait été radié que les gens venaient le voir. Ces patients n’auraient apparemment plus aucune confiance en la médecine traditionnelle. Une médecine qu’il accuse de tuer plus de 30 000 personnes par an en France. C’est notamment sa pratique de l’autovaccin qui faisait venir les gens à lui.

Cette méthode assez décriée consiste à prélever les matières fécales d’une personne pour les traiter en laboratoire et ensuite, les réinjecter dans le corps du patient. Une injection qu’il aurait effectuée à l’une de ses patientes contre son gré. Si l’ancien médecin réfute cette accusation, le procureur a de son côté requis une amende de 5 000 euros et une interdiction « définitive » d’exercer. La décision finale devrait être rendue le 3 avril prochain.

Sebastien Veyrier

Spécialiste Santé

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