En bref
- Rambo: Last Blood devait conclure la saga, mais a été largement considéré comme un final raté.
- Sa violence très gore et sa représentation caricaturale du Mexique ont fortement contribué au rejet du film.
- Le film s’éloigne du Rambo vulnérable du premier volet, au point d’être durement critiqué par son créateur, David Morrell.
Sept ans après sa sortie en salles, Rambo: Last Blood garde la même étiquette, celle du final raté pour l’un des personnages les plus connus de Sylvester Stallone. Et ce n’est pas juste une question de nostalgie froissée.
Le long métrage, sorti onze ans après Rambo, devait refermer la franchise. Il est surtout resté comme un épisode très mal reçu, autant pour son traitement du personnage que pour son regard sur le monde qu’il montre.
Un final qui n’a jamais vraiment convaincu
Dans ce dernier volet, John Rambo part en croisade contre un cartel mexicain après l’enlèvement, la drogue puis la mort de Gabriela, sa fille adoptive de fait, incarnée par Yvette Monreal. Le film prend donc la forme d’un revenge movie beaucoup plus resserré que les précédents.
Sur le papier, l’idée pouvait ramener le héros à quelque chose de plus intime. À l’écran, le résultat a souvent été jugé bien plus pauvre. Avec un budget de 50 millions de dollars, Rambo: Last Blood a aussi laissé une impression de production moins solide que prévu sous la direction d’Adrian Grünberg. Pas franchement le baroud d’honneur espéré.
Violence extrême et représentation du Mexique au cœur du rejet
Ce qui a le plus crispé, c’est le ton. Rambo: Last Blood empile les scènes de gore, avec une violence très appuyée, souvent noyée sous un éclairage sombre et des effets de sang numérique qui ont été jugés peu convaincants.
Mais les critiques ne se sont pas arrêtées là. Le film a aussi été attaqué pour sa représentation du Mexique, montré comme un territoire dominé par les cartels, sans vraie nuance. Cette vision a été décrite comme caricaturale, et même comme une forme de discours anxiogène. Clairement, ça a largement plombé l’accueil du film.
Pourquoi la chute a marqué pour un personnage aussi fort ?
Le malaise est d’autant plus fort que le tout premier Rambo reposait sur autre chose. Sylvester Stallone y incarnait un ancien du Vietnam brisé, hanté par son traumatisme, perdu dans son propre pays et poussé à se défendre contre un shérif de l’État de Washington et ses hommes. Un personnage dur, oui, mais aussi profondément humain.
Avec les suites, cette part plus fine s’est peu à peu effacée au profit d’une machine de guerre presque cartoonesque. C’est ce décalage qui rend la réception de Rambo: Last Blood encore plus rude.
Même David Morrell, créateur du personnage, avait réagi très durement après la projection. Il disait à Newsweek s’être senti « dégradé et déshumanisé », ajoutant que ce nouveau film manquait d’âme et qu’il se sentait « moins humain pour l’avoir vu ». Pour une sortie censée refermer la boucle, la trace laissée est quand même violente.