Quelles sont les raisons de l’envolée des tarifs du gaz en Europe ?

Image d'illustration. Gros plan d un brûleur à gaz ADN
Les tarifs du gaz sur le continent européen connaissent une hausse marquée ces dernières semaines. Cette augmentation s’explique par un contexte géopolitique incertain, des stocks réduits et une demande énergétique qui reste soutenue à l’approche de l’hiver.
Tl;dr
- Prix du gaz européen bondit suite au conflit Iran.
- Détroit d’Ormuz bloqué, production qatarie suspendue.
- Pas de risque immédiat d’approvisionnement en France.
Un marché du gaz sous haute tension
Le conflit armé impliquant l’Iran a instantanément fait grimper le prix du gaz sur le continent européen. Lundi matin, le contrat à terme du TTF néerlandais – référence majeure pour le marché européen – a connu une envolée de plus de 23 %, atteignant les 59,445 euros le mégawattheure, un sommet inégalé depuis février 2023. Ce brusque sursaut rappelle la volatilité déjà observée lors du déclenchement de la guerre en Ukraine.
Le détroit d’Ormuz paralysé, le Qatar contraint d’arrêter ses installations
Dans ce contexte, les menaces proférées par un responsable iranien n’ont rien arrangé : il a déclaré vouloir « brûler » tout navire osant traverser le détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transitent près de 20 % du pétrole et du GNL mondial. Depuis lundi, la navigation y est pratiquement à l’arrêt. Parallèlement, la société publique QatarEnergy s’est vue obligée de suspendre ses opérations après une attaque de drones contre deux sites majeurs. Ce gel de la production touche directement l’Europe, qui dépend à hauteur de 10 à 15 % des importations gazières qataries.
L’Europe face à un approvisionnement sous pression
La situation n’est pas sans inquiéter les analystes. Pour Jonathan Schroer, chez UniCredit, le continent traversait déjà « une période estivale de réapprovisionnement particulièrement difficile » avant même que ne débute la crise actuelle. Fin février dernier, les réserves européennes étaient remplies à seulement 30 %, loin des 62 % atteints un an plus tard. Par ailleurs, si l’Europe est certes moins exposée aux exportations qatariennes que l’Asie, la fermeture partielle du détroit pourrait accroître la concurrence mondiale pour les flux restants.
Voici ce qui préoccupe particulièrement :
- Pénurie potentielle liée à la suspension qatarie.
- Tensions logistiques dues au blocage d’Ormuz.
- Difficultés accrues pour reconstituer les stocks européens.
Bercy tente de rassurer malgré l’incertitude
Face aux inquiétudes croissantes, le ministre français de l’Économie, Roland Lescure, s’est exprimé depuis Bercy afin d’apaiser les esprits. Il admet que le conflit génère des « incertitudes économiques et financières », mais insiste sur le fait qu’il n’existe « aucun risque d’approvisionnement à court terme en France ni sur le gaz, ni sur l’essence ». Un dispositif spécial a été mis en place : une « cellule de crise réunie quotidiennement » suit avec attention l’évolution des marchés et surveille tout risque éventuel pour l’économie française.
Si l’impact immédiat sur la France semble contenu selon les autorités, la flambée des cours et la fragilité des approvisionnements confirment combien le marché européen reste vulnérable aux crises géopolitiques internationales.