Taxe rose : Bercy examine des prix jugés défavorables aux femmes

Après 20.000 signatures, Bercy lance une enquête sur la « taxe rose », ces écarts de prix qui feraient payer plus cher certains achats aux femmes.

Main sur des roses avec étiquette de prix
Image d'illustration. Bercy examine les prix jugés élevés. — ADN

En bref

  • Bercy lance une enquête sur la taxe rose
  • Une pétition a réuni 20.000 signatures
  • Rasoirs, coiffure, pressing sont pointés

Avec 20.000 signatures, le sujet a changé d’échelle. Bercy commence à regarder de près ce que des militantes décrivent comme une taxe rose, c’est-à-dire des écarts de prix qui pénaliseraient les femmes sur des achats très courants.

Une pétition qui fait bouger le ministère

Le déclencheur, c’est une pétition portée par le collectif féministe George Sand. À la suite de cette mobilisation, le ministère de l’Économie et des Finances a lancé sa propre enquête pour mesurer la réalité des différences relevées par le collectif.

Le cabinet d’Emmanuel Macron explique vouloir vérifier l’ampleur de ces écarts. En gros, l’idée est simple, passer du soupçon militant à une mesure plus solide.

Des écarts relevés sur des produits du quotidien

Le collectif dit avoir comparé des prix en magasin et sur internet. Son constat, rapporté par Gaëlle Couraud, est que certains produits de consommation courante coûtent plus cher aux femmes.

L’exemple avancé est celui des rasoirs. Selon elle, une femme paierait 80 centimes de plus pour un paquet deux fois moins fourni, avec cinq rasoirs contre dix pour les hommes. C’est concret, et c’est précisément ce genre d’écart que l’enquête doit documenter.

Au-delà des rayons, d’autres services sont visés

Le débat ne s’arrête pas aux produits emballés. Le collectif cite aussi la coiffure et le pressing, deux services où des différences de tarifs peuvent apparaître.

George Sand veut surtout qu’une étude plus large soit menée. Le collectif a mis le sujet en lumière, puis passe maintenant le relais à Bercy pour un examen plus complet.

Une enseigne citée, un débat qui dépasse un seul cas

Il y a quand même une limite importante. L’enquête du collectif a été réalisée sur une seule enseigne, Monoprix. L’enseigne affirme, de son côté, chercher naturellement à éviter toute discrimination dans les prix proposés à sa clientèle.

Mais le sujet dépasse ce seul cas. Aux États-Unis, le magazine Forbes a estimé que ce surcoût pouvait représenter environ 1.119 euros par an (1.400 dollars) pour les femmes. Pas une preuve pour la France, bien sûr, mais un ordre de grandeur qui explique pourquoi le dossier intéresse désormais les pouvoirs publics.

Vos questions, nos réponses

Que signifie exactement l’expression « taxe rose » ?

Elle ne désigne pas un impôt officiel. Le terme sert à décrire des prix plus élevés appliqués à des produits ou services destinés aux femmes, à caractéristiques proches de ceux vendus aux hommes.

Pourquoi l’enquête de Bercy compte-t-elle ?

Parce qu’elle peut objectiver le débat. Un collectif militant peut alerter, mais une enquête menée par l’administration peut comparer les prix de façon plus large et dire si l’écart est ponctuel ou récurrent.

Le cas des rasoirs suffit-il à prouver une discrimination ?

Non. C’est un exemple marquant, pas une démonstration générale. Pour parler d’un phénomène installé, il faut multiplier les relevés, comparer les quantités, les gammes et les conditions de vente.

Pourquoi citer aussi la coiffure et le pressing ?

Parce que la question des prix peut dépasser les rayons d’un magasin. Dans les services, les tarifs varient parfois selon le public visé, et c’est justement ce que le collectif veut voir étudié plus largement.

Jérôme Nelra

Spécialiste Économie

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