Près d’une agence immobilière sur deux envisage d’écarter des locataires en raison de leur origine

Image d'illustration. Espace d accueil chaleureux dans une agence immobilière Un espace de réception confortable orné de plantes et d'art, accueillant les clients dans une agence immobilière française.
Selon une récente étude, une agence immobilière sur deux se dit disposée à écarter certains candidats à la location en fonction de leur origine. Cette pratique soulève des questions inquiétantes sur les discriminations persistantes dans l’accès au logement.
Tl;dr
- Près de 50 % des agences facilitent la discrimination raciale.
- SOS Racisme alerte sur la persistance du problème.
- Formation obligatoire annoncée pour les agents immobiliers.
La persistance préoccupante des discriminations dans l’immobilier
En dépit des lois et des dénonciations répétées, la question de la discrimination raciale à l’accès au logement demeure alarmante. Une récente enquête de SOS Racisme, dévoilée le 25 janvier 2026, révèle que près d’une agence immobilière sur deux accepte ou facilite encore aujourd’hui ce type de pratiques.
Un constat accablant qui rappelle, s’il en était besoin, combien le chemin vers l’égalité est semé d’embûches.
Une méthodologie révélatrice, des chiffres glaçants
Les militants de l’association ont contacté, en se faisant passer pour des propriétaires, pas moins de 198 agences affiliées à de grandes enseignes ou au réseau de la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim). À chaque fois, ils demandaient expressément que seuls des profils « européens » soient sélectionnés pour éviter, selon leurs propos rapportés, d’éventuels « problèmes de voisinage ». Le résultat est sans appel : sur ces agences interrogées, 48 ont accepté directement de discriminer les candidats à la location selon un critère racial ; 48 autres ont facilité cette démarche, encourageant ou permettant au propriétaire d’opérer lui-même une sélection discriminatoire. En somme, près de la moitié – soit 48,48 % – se sont montrées ouvertes ou complices face à une telle demande.
Face à cela, tout n’est pas sombre : 102 agences (51,52 %) ont affiché un refus clair et affirmé leur opposition à toute pratique discriminatoire fondée sur l’origine.
Réactions et annonces politiques : un cadre légal en évolution
Interrogée par Le Parisien, la ministre déléguée chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a rappelé que « la discrimination est illégale » et insisté sur l’urgence d’agir. Elle a annoncé qu’une formation obligatoire sur les discriminations serait prochainement imposée à tous les agents immobiliers – une avancée significative puisque jusqu’ici seule une minorité devait suivre ce parcours.
Cette évolution sera formalisée via un décret signé avec le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, dans les semaines à venir.
L’immobilisme dénoncé par les acteurs du secteur
Il faut dire que ce n’est pas la première alerte sur le sujet. Déjà en 2019 et 2022, deux campagnes similaires menées par SOS Racisme aboutissaient à des conclusions comparables. La situation reste donc figée : comme le constate le président de la Fnaim, Loïc Cantin – qui condamne fermement ces pratiques – rien ne semble bouger durablement dans le secteur.
Dans ce contexte où la tentation du statu quo menace d’étouffer toute réforme réelle, le président de SOS Racisme, Dominique Sopo, appelle les parlementaires à « parler haut et fort » contre ces discriminations persistantes et à s’engager concrètement pour rétablir l’égalité dans l’accès au logement.