Premier cas d’hantavirus sur le MV Hondius : un septuagénaire et amateur d’oiseaux identifié

Image d'illustration. Caracara à gorge blanche en gros planADN
Le patient initialement touché par le hantavirus à bord du MV Hondius a été identifié : il s’agit d’un ornithologue amateur de 70 ans, qui aurait introduit le virus sur le navire lors d’une expédition scientifique.
Tl;dr
- Propagation de l’hantavirus des Andes sur un navire.
- Un ornithologue néerlandais identifié comme patient zéro.
- Le virus contracté après une visite dans une décharge.
Un virus rare, une croisière bouleversée
Sur le pont du MV Hondius, la sérénité a brutalement laissé place à l’inquiétude. Le 11 mai 2026, un passager français débarqué aux Canaries puis mis à l’isolement a été diagnostiqué positif à l’hantavirus des Andes.
Un Américain figure également parmi les nouveaux cas, portant à près d’une dizaine le nombre de personnes touchées après ce voyage entre Ushuaïa et les Canaries. Pour beaucoup, le spectre du Covid-19 resurgit ; toutefois, si les autorités sanitaires se veulent rassurantes, le climat à bord n’en reste pas moins tendu.
L’étrange parcours du patient zéro
Derrière cette contamination se cache une histoire singulière : celle de Leo Schilperoord, ornithologue néerlandais de 70 ans. Il fut le premier à tomber malade dès le début avril, devenant malgré lui le « patient zéro » de ce cluster.
Son épouse, Mirjam Schilperoord, également passionnée d’oiseaux, partageait avec lui cette expédition sud-américaine entamée en novembre précédent. Ensemble, ils avaient traversé l’Argentine avant de rejoindre la région d’Ushuaïa, point de départ de leur croisière sur le MV Hondius.
D’où venait la contamination ?
Mais comment ce couple a-t-il pu être exposé à ce virus rare ? Selon une enquête minutieuse du New York Post, tout remonterait à une halte insolite avant l’embarquement : une visite dans une déchetterie locale réputée auprès des ornithologues pour observer le mystérieux Caracara à gorge blanche.
Ce site, boudé par la population d’Ushuaïa mais visiblement prisé des rongeurs comme le rat pygmée à longue queue — principal vecteur du virus — aurait été le théâtre d’une contamination silencieuse. C’est là que Leo aurait inhalé involontairement des particules infectées.
Un drame personnel et une enquête en cours
La maladie s’est manifestée très vite : fièvre brutale, maux de tête intenses et troubles digestifs. Leo Schilperoord succombera seulement quelques jours plus tard, suivi par son épouse deux semaines après avoir quitté la croisière via Sainte-Hélène puis Johannesburg. Les proches ont salué leur passion commune dans un discret hommage publié au village néerlandais d’Haulerwijk, rappelant que leur engagement pour l’ornithologie dépassait largement les frontières.
En filigrane, c’est toute la fragilité des équilibres sanitaires mondiaux qui se rappelle à nous — même sur les chemins les plus inattendus.