En bref
- Les syndicats menacent d’élargir la mobilisation
- Le privé est aussi visé sur les salaires
- Un appel au 17 octobre circule en ligne
La journée du 29 septembre pourrait ne pas rester isolée. Plusieurs syndicats décrivent désormais une colère qui dépasse la seule fonction publique, sur fond de salaires jugés insuffisants et de pouvoir d’achat sous pression.
Les syndicats voient la colère s’étendre
Pour Sophie Binet, le signal est clair. Peu avant le départ du cortège parisien de la manifestation intersyndicale de la fonction publique, la dirigeante a averti le gouvernement que l’étau se resserrait sur les questions de rémunération et de coût de la vie. Elle a aussi prévenu que si l’exécutif restait sans réponse, les fronts risquaient de se multiplier.
Même tonalité chez FO. Rachèle Barrion, secrétaire confédérale, a parlé d’un vrai ras-le-bol dans la fonction publique, mais pas seulement. Selon elle, la colère monte aussi bien dans le public que dans le privé, avec l’idée d’une suite plus large au mouvement.
Le privé entre aussi dans l’équation
Du côté de la CFDT, Marylise Léon a confirmé que la mobilisation dans le secteur privé était aussi prévue, mais auprès de ceux qu’elle considère comme les bons interlocuteurs, les employeurs. Elle estime qu’ils peuvent être tentés de se déresponsabiliser sur la question du pouvoir d’achat.
Elle anticipe aussi une séquence politique et sociale plus large. La responsable syndicale juge que la présidentielle sera un rendez-vous social sur le travail. Là, on sort déjà de la simple journée de grève.
Au-delà du salaire, les conditions de travail reviennent
La présidente de la CFE-CGC, Christelle Thieffinne, va dans le même sens. D’après elle, la mobilisation a vocation à être plus large. Et elle ne se limite pas aux fiches de paie.
Elle insiste aussi sur les conditions de travail. Selon elle, qu’il soit fonctionnaire ou salarié du privé, le travailleur est trop souvent réduit à une case dans un fichier Excel, avec une lecture centrée sur les coûts et les charges.
Le 17 octobre, un appel hors syndicats prend forme en ligne
En parallèle, un autre rendez-vous circule pour le 17 octobre. Cette fois, l’appel ne vient ni des syndicats ni d’anciennes figures des Gilets jaunes, mais d’utilisateurs de TikTok. L’un d’eux explique face caméra avoir choisi cette date parce qu’elle tombe pendant les vacances scolaires et un samedi, afin que tout le monde puisse être là.
Sur les réseaux, on voit circuler des affiches générées par intelligence artificielle, mais aussi des montages reprenant des images fortes des mobilisations de 2018 et 2019. Sur Facebook, des groupes se créent déjà, certains internautes disant être prêts à ressortir leur gilet jaune. Reste à savoir si cet appel en ligne se traduira, ou non, sur le terrain.