Pour avoir tiré sur des voleurs de magrets de canard, un policier condamné à 6 ans de prison
Vendredi, la cour d'assises de l'Essonne, à Évry, a condamné un policier quadragénaire à six ans de prison. L'homme a ainsi été reconnu coupable de tentative de meurtre sur deux voleurs de magrets de canard en 2011.
Nous avions rapporté les faits il y a de cela quelques jours. En 2011 à Limours, deux hommes avaient volé des magrets de canard. Un policier de 39 ans s’était élancé à leur poursuite et, a-t-il raconté, avait fait usage de son arme après une subite marche arrière de la camionnette à bord de laquelle les fuyards avaient embarqué.
Toute portait toutefois à croire que le fonctionnaire avait ouvert le feu à bord de son véhicule avant d’en sortir et de poursuivre les tirs. L’un des blessés en a d’ailleurs gardé des séquelles. Lors de son procès aux assises, ses ex-collègues et sa femme ont décrit un homme imprévisible et n’hésitant pas à pourchasser des malfaiteurs en dehors de ses heures de service.
Jugé pour avoir tiré sur des voleurs de magrets de canard : un policier dans le « déni »
Après trois jours de procès, rapporte RTL.fr, le prévenu est resté dans un « déni » qui, selon l’avocat général, le rend « dangereux ». « Il n’a rien compris à cette histoire » souligne le magistrat qui ajoute que l’accusé « n’écoute rien, il est renfermé dans sa vérité ».
L’avocat général déclare malgré tout avoir été « touché » par cet homme « qui ne s’est jamais aimé » : « Vous n’êtes pas un monstre, mais simplement un homme, avec des failles ».
Une hiérarchie qui l’aurait « lâché à une vitesse sidérante »
Quand la présidente lui a demandé : « Est-ce qu’il y a un moment où vous estimez avoir été en tort ? », le policier a répondu, après une longue réflexion : « J’aurais pu rester simplement chez moi« . De leur côté, les avocats de la défense ont pointé « la responsabilité de la police » dans ce dossier, expliquant ainsi que rien n’a été fait alors que « tout le monde explique qu’on a tout de suite su qu’il y avait un problème ». Une défense qui a indiqué que ce policier, « fantastique quand il est dans son élément », avait été « lâché à une vitesse sidérante » par sa hiérarchie.
Alors que huit ans de réclusion avait été requis à son encontre, le prévenu a été condamné à six ans de prison pour tentative de meurtre.