En bref
- Une porte antique retrouvée près du temple d’Apollon
- Le lieu serait lié au royaume de Pluton
- Des émanations de CO2 expliqueraient sa réputation mortelle
Des récits antiques, on en a beaucoup. Des lieux qui les confirment avec autant de netteté, beaucoup moins. À Hiérapolis, en Turquie, des archéologues ont mis au jour ce qui est présenté comme la Porte des Enfers, un passage associé dans l’Antiquité au royaume de Pluton.
Des textes anciens qui prennent corps
La découverte ne se limite pas à une curiosité spectaculaire. Elle intéresse surtout les historiens, parce qu’elle recoupe des sources anciennes déjà connues. Le responsable des fouilles, Francesco D’Andria, a aussi exhumé les restes du temple d’Apollon, tout près du passage.
Pour Alister Filippini, spécialiste de l’histoire romaine, cette trouvaille « confirme et clarifie les informations que nous avions grâce à la littérature ancienne et aux sources historiques ». En gros, ce qui relevait du texte gagne ici une base matérielle.
Une grotte associée au royaume de Pluton
Le lieu se trouve à quelques mètres seulement du temple d’Apollon, aujourd’hui en ruine. D’après l’interprétation avancée sur le site, une petite ouverture située à proximité conduirait symboliquement vers le monde souterrain de Pluton, dieu des Enfers dans la tradition antique.
Ce voisinage entre un sanctuaire d’Apollon et une entrée liée aux Enfers a quelque chose de frappant. Et c’est aussi ce qui rend le site de Hiérapolis si singulier sur le plan archéologique.
Le danger vient des émanations de gaz
La réputation du lieu ne sort pas de nulle part. Selon Francesco D’Andria, la grotte possède des propriétés mortelles à cause d’émanations de dioxyde de carbone. Il a raconté que plusieurs oiseaux étaient morts en s’approchant de la source de chaleur, tués sur le coup par le gaz.
Résultat, l’image d’un accès vers les Enfers prend une dimension très concrète. Pas besoin de forcer le trait, un espace fermé, du gaz mortel, des animaux qui tombent, et la légende devient presque évidente.
Hiérapolis, un site fouillé depuis longtemps
Ce n’est pas la première fois que Francesco D’Andria attire l’attention sur Hiérapolis. L’archéologue travaille sur place depuis de nombreuses années, et il avait déjà affirmé, deux ans plus tôt, avoir identifié la tombe de Philippe, l’un des douze apôtres de Jésus.
Du coup, cette nouvelle découverte renforce encore le poids du site. Entre vestiges religieux, textes anciens et phénomènes naturels, Hiérapolis concentre plusieurs couches d’histoire au même endroit.
Vos questions, nos réponses
Pourquoi parle-t-on de « Porte des Enfers » ?
Ce nom renvoie à une croyance antique liant ce passage au royaume de Pluton, dieu des Enfers. Dans ce cas précis, la présence d’émanations toxiques aide à comprendre pourquoi ce lieu a pu être perçu comme dangereux, donc surnaturel.
Quel est le rôle du temple d’Apollon dans cette découverte ?
Le temple sert de repère central pour situer la porte. Le fait que ses restes aient aussi été retrouvés donne plus de solidité à l’identification du secteur décrit par les textes anciens.
Pourquoi le dioxyde de carbone est-il si important ici ?
Le dioxyde de carbone, ou CO2, est un gaz qui peut devenir mortel en forte concentration. Dans un espace bas ou mal ventilé, il peut provoquer une asphyxie rapide, ce qui éclaire les morts d’oiseaux rapportées sur le site.
Cette découverte prouve-t-elle les récits antiques ?
Elle ne valide pas une croyance au sens religieux. En revanche, elle montre que certains auteurs anciens décrivaient bien un lieu réel, identifiable et cohérent avec les observations archéologiques faites aujourd’hui.