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OpenAI révèle des campagnes d’influence liées aux data centers

Tech > Énergie > OpenAI > Électricité
Par Jordan Servan,  publié le 12 juin 2026 à 14h00.
Tech
OpenAI

Image d'illustration. OpenAIOpenAI / PR-ADN

OpenAI dit avoir identifié des comptes liés à la Chine utilisant ChatGPT pour influencer le débat américain sur les data centers et l’IA.

En bref

  • OpenAI dit avoir détecté des faux comptes se faisant passer pour des Américains, qui utilisaient ChatGPT pour produire des messages et visuels liant les data centers d’IA à une hausse des prix de l’électricité.
  • Un autre groupe aurait diffusé des contenus multilingues contre les États-Unis (droits de douane, politique technologique) et utilisé des identités fictives pour influencer différents publics, y compris en Asie.
  • Même si l’impact est resté faible, ces campagnes ont exploité un vrai sujet sensible, la hausse du coût de l’électricité liée à la demande des data centers, pour renforcer leur message.

Le sujet dépasse la simple modération de plateforme. D’après OpenAI, des comptes probablement basés en Chine ont tenté de s’inviter discrètement dans le débat américain sur les data centers, l’IA et la facture d’électricité. Et c’est précisément ce qui rend l’affaire sensible.

Un débat déjà brûlant, et des faux comptes qui s’y glissent

Dans son rapport, OpenAI dit avoir repéré deux ensembles de comptes. Le premier, baptisé Data Center Bandwagon, aurait demandé à ChatGPT de produire des éléments de langage en anglais, mais aussi des visuels comme des bandes dessinées. Le message poussait toujours dans la même direction, relier les centres de données dédiés à l’IA à une demande électrique plus forte et, derrière, à des factures plus élevées pour les ménages.

Selon l’entreprise, ces comptes se faisaient passer sur les réseaux sociaux pour des Américains aux profils variés. Ils republiaient ensuite les textes et images générés via ChatGPT. OpenAI estime qu’ils pourraient appartenir à une équipe social media d’une société privée chinoise travaillant pour des clients liés à des gouvernements locaux. Plus frappant, un fichier aurait même été envoyé au chatbot pour détailler les objectifs, la stratégie d’influence et la manière de créer de faux comptes sans se faire repérer.

Des messages calibrés pour toucher plusieurs publics

Ce premier groupe ne visait pas seulement les Américains. OpenAI explique qu’il s’en est aussi pris à des Chinois installés dans d’autres pays, en demandant au chatbot de générer des insultes destinées à harceler des dissidents et des commentateurs politiques chinois.

Les opérateurs se présentaient aussi comme des immigrés chinois vivant aux États-Unis ou comme des professionnels installés sur place, afin d’encourager certaines figures en ligne à parler davantage des échecs de la politique américaine.

Un second groupe de comptes, lui, a produit des commentaires et des images contre les droits de douane américains et contre la politique technologique des États-Unis. Le contenu insistait sur l’idée que le pays trahissait ses alliés. Il a aussi demandé des textes en anglais, en japonais, en italien et en chinois traditionnel, notamment pour viser des publics à Taïwan, tout en laissant Xi Jinping hors des images créées.

Pourquoi l’affaire compte même si l’impact a été faible ?

OpenAI reconnaît que ces campagnes n’ont pas suscité beaucoup d’engagement authentique et qu’elles n’ont pas vraiment fait bouger l’opinion. Bref, on n’est pas face à une opération devenue virale.

Mais l’entreprise souligne que ces opérateurs ont essayé de se glisser dans une controverse américaine déjà bien installée sur l’avenir des capacités nationales en IA, tout en masquant leur identité et leurs motivations. Elle dit aussi ne pas savoir pourquoi ces groupes ont choisi ChatGPT plutôt qu’un outil comme DeepSeek. Ce point-là reste flou.

Le point sensible derrière la propagande, l’électricité

Ce qui complique le dossier, c’est que les comptes renvoyaient parfois vers de vrais articles sur les enchères de capacité du réseau électrique et sur la consommation des data centers. Le sujet n’a rien d’inventé.

Un article de Bloomberg, cité dans la source, explique même que dans certaines zones proches des centres de données, le coût de l’électricité sur un mois peut grimper jusqu’à 267% de plus qu’il y a cinq ans, parce que la demande dépasse l’offre. La campagne semble donc avoir recyclé un problème réel pour tenter de le pousser dans un sens précis. Et ça, quand même, c’est le vrai nerf de l’histoire.

Le Récap
  • En bref
  • Un débat déjà brûlant, et des faux comptes qui s’y glissent
  • Des messages calibrés pour toucher plusieurs publics
  • Pourquoi l’affaire compte même si l’impact a été faible ?
  • Le point sensible derrière la propagande, l’électricité
En savoir plus
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