En bref
- Le Royaume-Uni lance un laboratoire dédié à la biosécurité face aux risques biologiques liés aux progrès de l’IA.
- L’État investit environ 115 millions d’euros, avec le soutien d’OpenAI, d’Anthropic, de Google DeepMind et de Basecamp Research.
- L’objectif est de détecter les menaces biologiques, de développer des vaccins et des traitements, et de renforcer la sécurité mondiale.
L’IA peut accélérer la science, mais aussi rendre certains risques biologiques plus accessibles. C’est sur cette ligne assez tendue que le Royaume-Uni vient d’annoncer un nouveau dispositif, avec une structure dédiée à la biosécurité et un financement public conséquent.
Pourquoi Londres veut agir maintenant ?
Le gouvernement britannique estime que les systèmes d’IA ouvrent des possibilités inédites pour la recherche scientifique, tout en créant en parallèle de nouveaux dangers biologiques. Son inquiétude est simple, l’IA pourrait abaisser les barrières qui freinent aujourd’hui certaines activités potentiellement nocives.
Un exemple a visiblement pesé dans le débat. Un laboratoire d’IA basé en Californie a récemment affirmé avoir créé un virus avec l’aide de l’IA, puis l’avoir administré à un patient humain. Le but n’était pas malveillant, puisque ce virus visait des bactéries résistantes aux antibiotiques. Mais le signal est clair, les outils d’IA de pointe touchent déjà au biotech très concret.
Un nouveau laboratoire, avec un gros budget public
Le pays a donc mis sur pied l’AI Biosecurity Lab, ou AIBL, dans le cadre de sa National AI Biosecurity Initiative. L’État y engage environ 115 millions d’euros.
Sa mission, elle, est large. Le laboratoire doit réunir des experts de la biosécurité et des sciences du vivant pour travailler avec des modèles d’IA avancés, repérer des menaces biologiques et accélérer le développement de vaccins comme de traitements médicaux. Le tout avec un statut d’organisation indépendante, à but non lucratif, en lien avec des acteurs publics et des institutions académiques.
Le rôle d’OpenAI, Anthropic, DeepMind et Basecamp
Le soutien privé ne se limite pas au logo sur un communiqué. OpenAI va fournir environ 115 millions d’euros en crédits pour accéder à ses modèles les plus avancés et à son infrastructure de calcul.
De son côté, Anthropic apportera aussi environ 115 millions d’euros en crédits d’usage de modèles. Google DeepMind collaborera sur la recherche via ses experts en biosécurité et donnera accès à ses modèles Gemini. Enfin, l’entreprise britannique de sciences du vivant Basecamp Research doit fournir ses modèles mêlant IA et biologie, ainsi que son expertise technique sur les défis de biosécurité.
Une ambition affichée pour le Royaume-Uni
Le gouvernement britannique estime que les recherches de l’AIBL doivent renforcer la résilience du pays, mais aussi la résilience mondiale face à un large éventail de risques biologiques, y compris ceux rendus possibles par les progrès de l’IA.
Le ministre britannique chargé de l’IA, Kanishka Narayan, a présenté ce futur labo comme une grande institution mondiale, pensée pour rassembler une expertise scientifique de premier plan, protéger la population face aux menaces émergentes et placer le Royaume-Uni en tête sur la sécurité et la sûreté de l’IA. Clairement, Londres veut jouer gros sur ce terrain.