Name Tag : la fonction controversée de Meta fait son retour

Image d'illustration. MetaMeta / PR-ADN
Après l’arrêt de Face Recognition en 2021, Meta réintroduit discrètement la technologie sur Instagram, Facebook et bientôt sur ses lunettes intelligentes.
Tl;dr
- Meta prévoit de réintroduire la reconnaissance faciale via ses lunettes connectées, en partenariat avec Ray-Ban et Oakley.
- La fonctionnalité interne Name Tag permettrait d’identifier certaines personnes croisées dans la rue, tout en limitant l’usage universel pour l’instant.
- Malgré les polémiques passées sur la vie privée, Meta voit dans ce lancement une opportunité stratégique pour se démarquer face à la concurrence et relancer l’innovation.
Reconnaissance faciale : le retour de Meta
Si l’on pensait que Meta avait définitivement renoncé à la reconnaissance faciale, il n’en est rien. Selon des informations du The New York Times, la firme dirigée par Mark Zuckerberg s’apprête à intégrer cette technologie controversée dans sa gamme de lunettes connectées — en partenariat avec des marques comme Ray-Ban ou Oakley. Un projet qui, malgré les polémiques passées, semble refaire surface à un moment stratégique pour l’entreprise.
Des ambitions renouvelées, malgré le passé
Rappelons qu’en 2021, Meta avait mis un terme à son système « Face Recognition » sur Facebook, après une vague d’indignation liée à la vie privée. Pourtant, dès l’année suivante, l’entreprise réintroduisait discrètement cette technologie : elle sert désormais sur Instagram et Facebook pour détecter les publicités frauduleuses utilisant le visage de célébrités. Progressivement, cette fonction s’est étendue hors des États-Unis vers l’Europe et l’Asie.
« Name Tag » : une fonction qui inquiète
D’après quatre sources proches du dossier interrogées par le journal américain, la future fonctionnalité — baptisée en interne Name Tag — offrirait aux porteurs de lunettes intelligentes Meta la possibilité d’identifier des personnes croisées dans la rue. Les modalités techniques sont encore à l’étude : il pourrait s’agir de reconnaître uniquement les contacts du porteur via ses applications Meta, ou bien d’afficher des informations extraites de comptes Instagram publics. En revanche, une identification universelle et instantanée de tout passant n’est pas prévue à ce stade.
Les risques liés à la vie privée et aux dérives éthiques n’ont évidemment pas échappé à l’entreprise. Ce serait même pour ces raisons que le lancement officiel du dispositif aurait été retardé l’an dernier lors d’une conférence dédiée aux personnes malvoyantes.
Un contexte politique propice selon Meta ?
Fait troublant révélé par une note interne consultée par le quotidien new-yorkais : selon les équipes de Reality Labs, filiale R&D de Meta, l’actuelle instabilité politique aux États-Unis constituerait… une opportunité. L’entreprise estime que les groupes civiques traditionnellement mobilisés contre ce type d’innovation auront d’autres priorités dans les prochains mois.
Pour se démarquer face à une concurrence toujours plus vive — on pense notamment à OpenAI —, Meta cherche donc clairement à reprendre la main grâce à cette innovation technologique. Mais reste une question majeure : jusqu’où ira-t-on au nom du progrès ?