Menace de fermeture des pharmacies dès jeudi : les raisons d’une grève qui s’annonce explosive

Image d'illustration. Rayons de pharmacie remplis d emballages colorésADN
Ce jeudi, de nombreuses pharmacies pourraient baisser le rideau à l’appel des syndicats, inquiets pour l’avenir de leur profession. Une mobilisation qui s’inscrit dans un climat social tendu et pourrait s’amplifier durant l’été.
Tl;dr
- Grève nationale des pharmaciens dès le 26 juin 2025.
- Blocages et actions prévues tout l’été, Tour de France visé.
- Mobilisation générale prévue à Paris le 1er juillet.
Une tension qui monte chez les pharmaciens
Depuis plusieurs mois, le climat se détériore dans les rangs des pharmaciens d’officine, poussant les syndicats à intensifier la contestation.
Ce jeudi 26 juin 2025 marque ainsi un nouveau tournant avec une grève nationale, initiée par l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO) et la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF). Selon le porte-parole de l’USPO, Cyril Colombani, cette action ne serait qu’un prélude : « Il faut s’attendre à une véritable guérilla cet été, voire au-delà ».
Des raisons économiques à la mobilisation
Les motifs de ce mouvement sont multiples, mais tous convergent vers une même préoccupation : la fragilisation économique du secteur. Au fil des derniers mois, de nombreuses officines ont dû fermer leurs portes, conséquence directe selon les syndicats des décisions gouvernementales. Les professionnels dénoncent en particulier la réduction drastique des remises sur les génériques — passées de 40% à seulement 20% — couplée à la poursuite des baisses tarifaires.
D’après Olivier Toussaint, syndiqué dans l’Orne, le mécontentement s’amplifie face à « des mesures qui minent notre capacité à tenir financièrement alors que les laboratoires prospèrent ». Pour Marie-Claire Denoual, coprésidente du FSPS, l’inquiétude est palpable : « Pénuries, tarifs en chute libre et actes non revalorisés nous placent en situation critique. »
Lancement d’actions coup de poing pour l’été
Face à l’urgence ressentie par la profession, les formes d’action se diversifient. Outre la grève des gardes, entamée dès le 23 juin, les syndicats prévoient :
- Barrages dans les dépôts de médicaments, risquant de perturber l’approvisionnement.
- Opérations escargot sur les routes, impactant potentiellement de grands événements comme le Tour de France.
- Mobilisations éclairs dans tous les départements, souvent annoncées seulement 24 heures avant aux préfectures.
Cyril Colombani précise que cette stratégie vise à déstabiliser un pouvoir perçu comme sourd aux revendications.
Mobilisation nationale attendue début juillet
Mais au-delà de ces actions ciblées et parfois imprévisibles, c’est un rendez-vous clé qui se dessine déjà : le mardi 1er juillet. À Paris, un large rassemblement partira dès 11 heures depuis l’esplanade des Invalides.
Objectif affiché par l’USPO: rallier le ministère de la Santé et obtenir une entrevue avec la ministre Catherine Vautrin. Un moment déterminant pour tenter d’infléchir la trajectoire prise par le secteur — ou peut-être simplement pour se faire enfin entendre.
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