Un meeting du PS copieusement hué malgré une forte présence policière
Appelé à faire passer la loi Travail, le porte-parole du gouvernement a organisé hier un meeting à Lille qui s'est avéré particulièrement tendu malgré une présence policière impressionnante.
Stéphane Le Foll, le porte-parole du gouvernement, avait décidé d’un meeting à Lille, terre du socialisme, afin de tenter de mieux faire passer la très controversée loi Travail. Le meeting, organisé sous l’appellation « Hé oh la gauche ! » a connu un accueil particulièrement tendu obligeant même le porte-parole du gouvernement à emprunter l’entrée arrière pour éviter les manifestants particulièrement remontés.
Un accueil houleux malgré un dispositif policier disproportionné
Le comité de soutien à François Hollande, qui avait organisé leur réunion destinée à mieux faire passer le message de la très controversée loi Travail, a été copieusement hué et insulté par une cinquantaine de manifestants se réclamant de gauche venus crier leur colère contre cette loi. Des insultes ont fusé pour accueillir les militants PS. « Et -P- comme pourris, et -S- comme salauds ! A bas, à bas, le Parti socialo ! » La tension a montée d’un cran et d’autres insultes ont été entendues : « fascistes !« , « fumiers !« , « tout le monde déteste le PS !« .
L’impressionnant déploiement de policiers et de CRS, totalement disproportionné au regard du nombre de manifestants, n’a pas refroidi ces derniers. Stéphane le Foll a dû se résoudre pour éviter les quolibets à emprunter la porte arrière du gymnase servant à accueillir la réunion privée de 250 militants PS spécialement invités.
A son arrivée, le porte-parole du gouvernement a déclaré : « Les débats peuvent être légitimes. De là à utiliser des mots comme -traîtrise-, c’est tout à fait décalé« . Heureusement pour lui que les manifestants n’ont pas entendu cette déclaration car ils lui auraient certainement répondu qu’utiliser le 49.3 à deux reprises, être aussi ferme et ne pas écouter la colère de la rue, ce n’est pas vraiment un débat.
Un curieux exercice d’auto-satisfécit
Devant les 250 militants invités pour l’occasion, Bernard Roman, le député socialiste du Nord, défend la loi Travail en assurant » Non, on n’a pas trahi les valeurs de gauche. On a reçu en héritage un pays en déshérence !« . Patrick Kanner, le ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports s’adresse à la foule de militants dont certains ont déjà été expulsé pour avoir voulu poser des questions dérangeantes : « On a besoin d’être entre nous » avant d’ajouter avec un certain satisfecit : « Non, on ne va pas se repentir de ce quinquennat« .
Stéphane Le Foll, qui prend ensuite la parole, entend lutter contre « les doutes » des militants socialistes avant de prendre en référence Léon Blum : « Lui aussi a été traité de traître !« . Sans peur de l’absurde, le porte-parole du gouvernement demande aux militants présents d’être « fiers » de la loi Travail avant d’expliquer : « Notre modèle social n’a pas été touché, n’a pas été remis en cause. Il a été adapté mais il a été au contraire conforté ! C’est ça, la différence entre la droite et la gauche » avant d’insister à son tour sur ce qui pourrait être le slogan de la campagne de défense de la loi Travail : « Non, on n’a pas trahi. On est fidèles aux valeurs de la gauche« .