L’UFC-Que Choisir engage une action collective contre Stellantis justice pour l’affaire des airbags Takata

Image d'illustration. Vue rapprochée du compartiment d airbag intégré au volant d une voitureADN
L’association de consommateurs UFC-Que Choisir engage une action collective contre le constructeur automobile Stellantis en France, concernant les airbags défectueux produits par Takata, à l’origine de rappels massifs et de risques pour la sécurité des conducteurs.
Tl;dr
- UFC-Que Choisir attaque Stellantis pour airbags Takata défectueux.
- 1,7 million de véhicules concernés par l’immobilisation en France.
- Première action de groupe liée à ces airbags mortels.
Une action collective inédite contre Stellantis
Rarement une défaillance technique aura suscité autant de réactions. Ce mardi 22 juillet 2025, l’association de consommateurs UFC-Que Choisir a saisi la justice pour défendre les automobilistes victimes des airbags Takata défectueux équipant des véhicules du groupe Stellantis.
Il s’agit là d’une première : jamais une action de groupe n’avait été lancée en France concernant ce scandale mondial aux conséquences dramatiques.
L’ampleur du scandale et la réponse des autorités
En juin dernier, le gouvernement a franchi un cap en ordonnant l’immobilisation de 800 000 véhicules supplémentaires toutes marques confondues, portant à 1,7 million le nombre total de voitures interdites de circuler tant que leur airbag n’est pas remplacé.
Cette mesure radicale fait suite au décès tragique d’une conductrice à Reims, tuée lorsque son airbag a explosé lors d’un choc pourtant mineur. Le défaut, imputable à la présence de nitrate d’ammonium dans le dispositif, expose les passagers à des explosions semblables à celles d’une grenade — projetant éclats métalliques ou plastiques à travers l’habitacle.
Des responsabilités pointées du doigt
L’association UFC-Que Choisir, dans sa requête au tribunal, ne mâche pas ses mots : elle évoque une gestion « chaotique » et un « manquement grave » aux obligations de sécurité de la part de Stellantis et notamment de sa marque Citroën. La multiplication des rappels sous procédure « stop drive » depuis 2023 — jugés anarchiques — aurait plongé bien des propriétaires dans une impasse, privés soudainement de leur véhicule sans solution satisfaisante.
À ce jour, au moins trois victimes françaises conduisaient une Citroën C3. Plus globalement, on recense depuis quinze ans soixante décès dans onze pays, dont dix-huit en France. Les États-Unis restent les plus durement touchés avec vingt-huit morts et plus d’un milliard d’euros déjà versés par plusieurs constructeurs pour indemniser les familles.
Divers préjudices réclamés pour les automobilistes lésés
Dans le cadre de cette procédure inédite en France, l’UFC-Que Choisir réclame notamment :
- Indemnités journalières durant l’immobilisation du véhicule ;
- Dommages moraux liés à l’angoisse éprouvée lors des déplacements dans ces automobiles équipées « d’équipements mortels ».
Le scandale a entraîné la chute du géant japonais Takata, placé en faillite dès 2017. En France, l’affaire se poursuit également sur le terrain pénal : une instruction vise toujours des soupçons lourds de « tromperie aggravée » et « mise en danger de la vie d’autrui ». Un dossier dont les conséquences industrielles et judiciaires sont loin d’être closes.