En bref
- Une piste ADN a été invalidée
- Aaron Kosminski n’est plus identifié avec certitude
- Le mystère reste entier après 126 ans
L’identité de Jack l’Éventreur n’a finalement pas été retrouvée. La piste présentée récemment comme une percée repose sur des tests ADN aujourd’hui contestés, à cause d’une erreur technique dans leur interprétation.
Une piste ADN qui se dégonfle
Le retournement est net. D’après Europe 1, qui s’appuie sur des révélations du journal The Independent, les résultats mis en avant ces dernières semaines sont faux. En cause, une erreur de nomenclature au moment de la comparaison génétique. Dit plus simplement, le repérage des données n’a pas été correctement interprété, et toute la suite des analyses a été faussée.
Ce point a été soulevé par des experts en génétique, qui ont examiné le travail du scientifique associé à l’enquête menée par Russell Edwards. Résultat, la démonstration qui semblait tenir s’effondre.
Le nom d’Aaron Kosminski était revenu au centre
Le mois dernier, l’affaire avait pourtant repris de la force. Russell Edwards, homme d’affaires et détective amateur, assurait avoir découvert l’identité du tueur. Dans son enquête, il avançait le nom d’Aaron Kosminski, un barbier d’origine polonaise ayant terminé sa vie dans un asile.
Cette hypothèse ne sortait pas de nulle part. Elle reposait sur des analyses effectuées à partir de traces ADN relevées sur un châle présenté comme ayant appartenu à l’une des victimes et retrouvé après le meurtre. Les prélèvements avaient ensuite été comparés avec ceux de descendants du barbier londonien. La correspondance obtenue avait servi de base à l’identification.
Pourquoi le mystère reste entier
Le problème, c’est que si la comparaison de départ est mauvaise, tout le raisonnement qui suit l’est aussi. Et dans une affaire aussi scrutée, ça change tout. Une piste peut paraître solide, mais sans fondation fiable, elle redevient une simple hypothèse.
Pour l’instant, ni Russell Edwards ni le scientifique lié à cette enquête ne se sont exprimés. Mais le constat est simple, quand même. Le dossier de Jack l’Éventreur reste un mystère, encore aujourd’hui, 126 ans après les faits.
Vos questions, nos réponses
Pourquoi une erreur de nomenclature peut tout remettre en cause ?
Dans une analyse génétique, la nomenclature sert à identifier correctement les marqueurs étudiés. Si cette lecture est erronée, on compare mal les profils. Du coup, une correspondance peut sembler exister alors qu’elle repose sur une base fausse.
Est-ce que cela innocente définitivement Aaron Kosminski ?
Non. Ce qui tombe ici, c’est l’affirmation selon laquelle l’ADN permettait de l’identifier avec certitude. L’article ne dit pas qu’il est exclu, seulement que la preuve avancée pour le désigner ne tient plus.
Quel rôle a joué Russell Edwards dans cette affaire ?
Russell Edwards a mené l’enquête en amateur et publié un livre pour défendre cette piste. C’est lui qui a porté publiquement l’idée que le mystère était résolu grâce aux analyses réalisées autour du châle.
Pourquoi cette affaire continue-t-elle de revenir dans l’actualité ?
Parce que l’identité de Jack l’Éventreur reste l’un des grands dossiers criminels non résolus. À chaque nouvelle piste présentée comme sérieuse, l’attention repart très vite. Et quand la méthode vacille, l’intérêt redouble presque aussitôt.