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L’expérience déroutante de Stay

Divertissement > Films > Ryan Gosling > Stay
Par Jordan Servan,  publié le 21 avril 2026 à 18h00.
Divertissement
Stay

Image d'illustration. StayRegency Enterprises / PR-ADN

À travers Stay, le réalisateur Marc Forster propose une narration fragmentée qui désoriente volontairement le spectateur.

Tl;dr

  • Stay de Marc Forster propose une mise en scène déroutante qui brouille volontairement la frontière entre rêve et réalité.
  • Le film suit un psychiatre confronté à un patient suicidaire, dans une intrigue instable où identités et événements se désagrègent.
  • Mal reçu à sa sortie malgré un casting prestigieux et quelques défenseurs critiques, Stay est aujourd’hui redécouvert comme une œuvre audacieuse et expérimentale.

Un pari risqué pour Marc Forster

Avec sa sortie en 2005, le film Stay, signé par le réalisateur Marc Forster, s’est rapidement imposé comme une expérience cinématographique singulière, voire déstabilisante. D’entrée de jeu, la réalisation plonge le spectateur dans un univers où chaque image semble flotter dans un état de rêve éveillé, montage acéré, caméra nerveuse, tout concourt à brouiller la frontière entre réalité et illusion. Ce choix esthétique n’est pas anodin : le récit lui-même vacille, à mesure que ses personnages perdent pied.

Un casting prestigieux pour une intrigue labyrinthique

Au cœur du film, on retrouve Ryan Gosling, incarnant Henry, un jeune homme désabusé et dépressif qui annonce à son nouveau psychiatre, Sam (Ewan McGregor), son intention de mettre fin à ses jours. Sam, perturbé par cet aveu, décide d’enquêter sur la vie de son patient avec l’aide de sa fiancée Lila (Naomi Watts). Mais très vite, des incohérences surgissent : certains personnages semblent morts ou changent d’identité au fil des scènes. Les dialogues tournent en rond ; les événements se répètent jusqu’à provoquer une sensation de vertige. Rien ne paraît solide — et c’est précisément voulu.

Un accueil glacial… sauf pour Roger Ebert

Pourtant, malgré son esthétisme assumé et la renommée de ses acteurs, Stay ne trouve pas son public. Le box-office s’avère décevant : trop étrange pour séduire les amateurs de thrillers classiques, trop opaque pour capter un large auditoire. Les critiques s’acharnent : Andrew O’Hehir, du magazine Salon, évoque une expérience proche du « mal de mer », pointant même le choix vestimentaire improbable du personnage principal comme symptôme d’un certain malaise global.

Il subsiste néanmoins quelques défenseurs notables. Le célèbre critique Roger Ebert, par exemple, accorde trois étoiles et demie au film : il y voit une prouesse formelle cohérente avec les intentions du scénario. Selon lui : « L’explication finale éclaire l’ensemble du film sans en donner toutes les clés ; il faut revoir chaque séquence à la lumière de cette révélation. »

Des débuts cinématographiques méconnus avant le succès télévisuel

Il faut rappeler que ce scénario singulier porte la signature de David Benioff. Avant d’être salué (et parfois contesté) pour avoir co-créé « Game of Thrones » avec D.B. Weiss, Benioff s’était déjà illustré au cinéma, on lui doit notamment 25th Hour. Mais Stay, souvent oublié dans sa filmographie, trouve aujourd’hui une seconde vie grâce à une nouvelle génération de cinéphiles sur Letterboxd qui n’hésitent pas à qualifier ce long-métrage de Donnie Darko version Ryan Gosling.

Parmi les éléments qui fascinent ou déconcertent les spectateurs :

  • Mise en scène hallucinatoire et structure narrative volontairement déconcertante.
  • Mélange complexe entre réalité et perception altérée.
  • Casting de haut vol mais réception initialement glaciale.

Si Stay demeure marginal dans l’histoire récente du cinéma américain, sa redécouverte progressive prouve qu’il existe parfois des œuvres dont la portée dépasse largement leur premier accueil, surtout lorsqu’elles abordent la fragilité humaine avec autant d’audace visuelle et narrative.

Le Récap
  • Tl;dr
  • Un pari risqué pour Marc Forster
  • Un casting prestigieux pour une intrigue labyrinthique
  • Un accueil glacial… sauf pour Roger Ebert
  • Des débuts cinématographiques méconnus avant le succès télévisuel
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