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L’exception française : ces moteurs devenus des freins

Économie > France
Par La rédaction,  publié le 12 janvier 2026 à 15h20.
Économie

Pixabay

L’année 2025 s’était ouverte avec la fermeture d’ArcelorMittal, elle s'est terminée avec celle de Brandt, illustrations d’une industrie française en plein délitement.

Ce ne sont pas seulement les usines qui vacillent : la santé, l’agriculture, la sécurité, sont aussi touchées. Ce qui fut longtemps notre fierté s’est mué en fardeau. Jour après jour, l’actualité nous impose une même réalité implacable : nos joyaux disparaissent, un à un, sous nos yeux.

Nous disposions d’un modèle social réputé, financé par une fiscalité redistributive – lourde peut-être mais efficace et performante, qui permettait de créer de véritables lignes de force. Ce modèle « à la française » reposait sur une économie capable de créer de la valeur et sur un système politique qui savait où il allait. De cette cohérence sont nés des symboles qui parlaient au monde : le Concorde, le TGV, le Louvre, le viaduc de Millau, une culture rayonnante, la « Ferme France » …

Aujourd’hui, ces piliers sont tous, sans exception, en échec. Ce qui faisait jadis la force du pays s’est transformé en frein. Illustration avec quatre « exceptions » qui sont devenues des boulets de la République.

Hausse des taxes et de la dette, une pression sur les services publics

L’illustration la plus actuelle de cette exception par l’échec se trouve dans les finances publiques. La fiscalité française est devenue l’une des plus lourdes au monde, sans contrepartie convaincante. Avec d’un côté, les prélèvements sur le patrimoine des ménages qui ont atteint 113 milliards d’euros en 2024 (Cours des comptes, déc. 2025), et, de l’autre, des services publics qui reculent. Et malgré cette pression fiscale, la dette continue d’enfler, pour atteindre 115,6 % du PIB au deuxième trimestre 2025, contre 60 % en 2000 (Insee, septembre 2025). En la matière, la France rejoint désormais les « mauvais élèves » de l’Union Européenne juste derrière la Grèce et l’Italie (138,3 %), et devant la Belgique, l’Espagne et le Portugal…Certains pays parviennent pourtant à corriger la trajectoire. L’Italie prévoit ainsi de ramener son déficit annuel à 3 % du PIB dès 2025.

Paradoxalement, plus l’État français prélève, moins il protège : fermeture de bureaux de poste, de centres des impôts, de services de maternité, d’urgences, de tribunaux, de commissariats, de classes, de lignes locales de train… Les Français ne s’y trompent pas : 87% jugent l’argent public mal utilisé, voire « très mal utilisé », et 66% estiment que la qualité des services publics s’est fortement dégradée ces dernières années (Elabe, décembre 2025).

2ème échec : une industrie sans usines

L’Italie pourrait devenir le prochain moteur industriel européen. Sa stratégie : des « districts industriels », ces zones imaginées pour favoriser l’installation d’usines. Résultat : des positions fortes dans la robinetterie dans le Nord de l’Italie, dans l’ameublement en Lombardie, dans les emballages plastiques à Bologne ou dans la tannerie en Toscane. Quant à la technologie, aujourd’hui, l’industrie italienne compte trois fois plus de robots que la nôtre.

La France, elle, décroche. Depuis vingt ans, la richesse produite par habitant progresse moins vite. L’industrie ne redémarre pas. Pire, les fermetures d’usines s’enchaînent : 23 sites supprimés au premier semestre 2024, 35 au second (Trendeo, juillet 2025). L’année 2025 a confirmé la tendance, avec le symbole cruel de la fermeture de Brandt, dernier fabricant français d’électroménager, cent ans après sa création.

Le cas de l’automobile est emblématique. La France et l’Europe ont imposé une électrification accélérée de ce secteur, sans tenir compte des réalités techniques et industrielles. Désormais, au même titre que le reste des industriels de l’automobile, les exceptions françaises qu’étaient les constructeurs français se démènent pour survivre face aux fabricants chinois. Et derrière, les sous-traitants locaux tombent en cascade.

3ème échec : un système de santé qui ne prend soin ni de la population, ni de lui-même

Une exception bien connue que celle-là, et bien peu reluisante : le fameux « trou de la Sécu ». Pour notre système de soins, les déficits s’empilent, et le manque de vision se fait sentir. Bourguignon, Braun, Rousseau, Firmin Le Bodo, Valletoux, Vautrin, Darrieussecq, Neuder, Rist… Un ministre de la Santé en chasse un autre à la vitesse de l’éclair, à un poste qui a rarement semblé aussi instable et peu considéré que sous ce second quinquennat d’Emmanuel Macron.

Pendant que les responsables politiques défilent, le système s’enfonce. C’est le sentiment d’une large frange de soignants : les services hospitaliers sont saturés, les cabinets des médecins libéraux ne désemplissent pas, étouffés par les numerus clausus et les tâches administratives. Ce qu’on décrivait comme le meilleur système de santé du monde fait aujourd’hui pâle figure, avec tout juste six lits pour 1000 habitants.

Au-delà de l’organisation du système de soins, les politiques de santé s’avèrent aussi particulièrement inefficaces. Plus que jamais, la France aborde chaque sujet par la contrainte et par l’interdiction. Le tabac en est l’incarnation : plutôt que de considérer les nouveaux produits de la nicotine pour sortir les fumeurs de la cigarette, notre pays les interdit. Dernier exemple en date : les sachets de nicotine, autorisés ailleurs car jugés efficaces, seront prohibés en France au 1ᵉʳ avril 2026. Solution de facilité – même si au final ces décisions prises à l’emporte-pièce soulèvent bien des problèmes, mais pas du tout pragmatique en termes de prévention et de santé publique.

4ème échec : l’écologie punitive, mauvais désherbant

Bien d’autres sujets pourraient figurer dans cette liste : le financement de nos retraites au premier chef bien sûr, mais aussi l’Education nationale et les professeurs privés de leur autorité ; la Culture et les bijoux volés du Louvre… la liste peut s’allonger à l’infini.

A lui seul, le cas de l’écologie punitive résume bien le problème français, celui d’une transition menée à coups de réglementations, sans stratégie économique et sociétale. Dans l’agriculture française, secteur particulièrement en proie aux difficultés, l’écologie est vécue comme un fardeau. Normes environnementales et de bien-être animal, exigences de traçabilité, zonages, quotas, interdictions erratiques de pesticides… Chaque année, de nouvelles règles s’ajoutent, sans réelle concertation. Pire, ces règles renforcent la distorsion de concurrence avec les produits importés – le bœuf ou le poulet dans nos assiettes ne seront bientôt plus que brésiliens.

Retrouver le sens de l’exception française

L’échec actuel n’est pas celui de l’ambition initiale. C’est celui de sa dérive. La France reste persuadée qu’elle peut résoudre les problèmes du XXIᵉ siècle avec les outils du XXᵉ : plus de normes, plus d’interdictions, plus de taxes, plus de centralisation.

Certains pensent qu’il est possible de s’en sortir. L’ancien Premier ministre et candidat à l’élection présidentielle Édouard Philippe expliquait sur TF1 : « Aussi désagréable cela puisse-t-il être pour tout le monde, il faut avoir le courage de se dire la vérité. ». C’est à ce prix que l’exception française redeviendra une chance — et non un prétexte.

Le Récap
  • Hausse des taxes et de la dette, une pression sur les services publics
  • 2ème échec : une industrie sans usines
  • 3ème échec : un système de santé qui ne prend soin ni de la population, ni de lui-même
  • 4ème échec : l’écologie punitive, mauvais désherbant
  • Retrouver le sens de l’exception française
En savoir plus
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