Le patron de la Banque de France alerte sur un risque d’asphyxie économique nationale

Image d'illustration. L'économie française. ADN
Le gouverneur de la Banque de France alerte sur la situation économique nationale, exprimant ses inquiétudes face à des pressions financières et budgétaires croissantes qui, selon lui, pourraient freiner durablement la croissance et menacer la stabilité du pays.
Tl;dr
- Le déficit budgétaire inquiète la Banque de France.
- Des compromis politiques sont jugés indispensables.
- Le taux du livret A devrait bientôt baisser.
Déficit public : le signal d’alarme de la Banque de France
La question du déficit budgétaire occupe une place centrale dans les débats économiques actuels. Ce samedi, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a tiré la sonnette d’alarme sur les ondes de France Inter. Selon lui, l’absence persistante de budget pour 2026 risque d’entraîner un « étouffement à plusieurs dimensions » pour la France. Loin d’envisager une faillite, il s’inquiète néanmoins d’un blocage budgétaire, économique et générationnel. Il pointe notamment du doigt l’arbitrage actuel : « nous sommes en train de choisir les seniors contre les jeunes », allusion à l’accroissement des dépenses liées aux retraites et à un déficit qui ne cesse de se creuser.
L’urgence d’un compromis politique
Face à cette impasse, Villeroy de Galhau presse les responsables politiques de sortir des logiques d’affrontements stériles pour privilégier la recherche de véritables compromis. D’après ses déclarations, il est crucial qu’un budget soit adopté pour 2026 et que le déficit public ne dépasse pas le seuil critique des 5 % du PIB, sous peine de tomber dans une « zone rouge ». Pour y parvenir, il préconise deux mesures phares :
- Stabiliser les dépenses publiques
- Faire preuve de sagesse fiscale sans nouvelles baisses d’impôts
Il évoque aussi la nécessité d’une « justice nécessaire », citant par exemple la possible prolongation de la surtaxe sur l’impôt des sociétés concernant les grandes entreprises, dossier où droite et gauche peinent à s’accorder.
Tensions financières et perspectives pour l’épargne
L’atmosphère actuelle sur les marchés semble calme, mais pourrait se détériorer brutalement, selon le gouverneur. La volatilité n’est jamais loin : « [le fonctionnement des marchés] n’est jamais linéaire […], il peut y avoir un calme apparent puis une correction brutale », avertit-il, tout en mentionnant l’incertitude géopolitique ambiante. À cela s’ajoute l’inquiétude face au mouvement de dérégulation financière outre-Atlantique, qui accentue selon lui le risque systémique.
Du côté des épargnants français, une autre actualité se profile : une probable baisse du taux du livret A, attendue jeudi prochain pour coller au ralentissement actuel de l’inflation. Bien que ce taux soit aujourd’hui fixé à 1,7 %, il devrait rester supérieur au niveau actuel des prix (0,8 %), anticipent les économistes — on parle désormais d’un passage à 1,3 ou 1,4 %.
Météo favorable pour l’emprunt immobilier ?
Sur le front du crédit immobilier, un regain d’optimisme transparait chez le gouverneur : il estime que c’est « le bon moment pour emprunter », grâce à des taux moyens autour de 3,1 % sur vingt ans. Fait notable : entre janvier et novembre 2025, la production de crédits aurait bondi de 35 % comparée à la même période en 2024. Une dynamique qui tranche avec le climat général d’incertitude budgétaire.