L’ex-salafiste Henda Ayari accuse l’islamologue Tariq Ramadan de viol
Parmi toutes les femmes dont la parole s'est libérée suite à l'explosion de l'affaire Weinstein, celle de l'ex-salafiste Henda Ayari qui affirme aujourd'hui avoir été violée par l'islamologue Tariq Ramadan.
Il y a un peu moins d’un an, nous relations le discours d’Henda Ayari, cette Française de 39 ans ayant pratiquement vécu la moitié de sa vie dans le salafisme. Dans son livre J’ai choisi d’être libre, elle y racontait son parcours et la manière dont elle a quitté ce monde fait, pour elle, de violences et de soumissions.
Il faut croire que cet ouvrage n’avait pas livré tous ses secrets. On vient ainsi d’apprendre par son auteur que l’une des mésaventures relatées dans ces pages et la mettant aux prises avec un certain Zoubeyr concernait en fait l’islamologue suisse Tariq Ramadan, qu’elle accuse ainsi désormais de viol. Plus précisément, rapporte L’Obs, Henda Ayari a déposé plainte vendredi auprès du parquet de Rouen pour « des faits de viol, d’agression sexuelles, violences volontaires, harcèlement, intimidation ».
Tariq Ramadan aurait menacé Henda Ayari et ses enfants
En ce même vendredi, sur sa page Facebook, Henda répondait au mot-dièse #balancetonporc, tendance lancée sur les réseaux sociaux suite à l’explosion de l’affaire Weinstein, par cette révélation : « C’est une décision très difficile,mais j’ai décidé moi aussi qu’il est temps de dénoncer mon agresseur,c’est Tariq Ramadan ».
Dans une autre publication, elle ajoute avoir « gardé le silence depuis plusieurs années par peur des represailles car en le menaçant de porter plainte pour le viol dont j’ai été victime, il n’avait pas hésité à me menacer et à me dire également qu’on pourrait s’en prendre à mes enfants, j’ai eu peur et j’ai gardé le silence tout ce temps. »
https://www.facebook.com/hindi.ayari/posts/10214675231620258
L’islamologue n’a pas encore publiquement réagi
Celle qui préside l’association Libératrices indique qu’elle correspondait régulièrement avec Tariq Ramadan, ce dernier la conseillant sur des plans « éthiques et religieux ». Après que celui-ci lui aurait reproché la publication d’une photo d’elle en blouson noir, tous deux se seraient rapprochés, et d’avoir ensuite convenu d’une rencontre dans une chambre d’hôtel. Dans son livre, Henda raconte :
« Je restais debout, un peu raide, très intimidée. Brusquement, il se retourna vers moi, m’enlaça, et m’embrassa fougueusement. Je m’étais d’abord raidie sous l’effet de la surprise, mais je me laissais très vite aller […] J’étais bouleversée. Cet homme m’avait fait venir, il m’embrassait, cela voulait forcément dire que pour lui aussi ce moment était important. Sa voix chaude murmurait à mon oreille, j’avais le sentiment de vivre un rêve. » Avant que ce Zoubeyr ne se laisse supposément aller à « des gestes, des attitudes et des paroles » inimaginables pour Henda.
Malgré tout, cette dernière est longtemps restée prisonnière de l’emprise de Zoubeyr. Aujourd’hui, Henda se dit « soulagée » mais consciente qu’être aura besoin de tout le soutien possible pour faire face à la réplique de Tariq Ramadan. Lequel n’apparaît pas avoir encore réagi à ces accusations.