Les traînées blanches des avions, nuisibles à l’environnement, pourraient devenir plus rares

Image d'illustration. Ciel bleu expansif avec une traînée blancheADN
Les traînées blanches laissées par les avions, souvent observées dans le ciel, sont reconnues pour leur impact négatif sur l’environnement. Pourtant, leur présence pourrait diminuer prochainement grâce à l’évolution des technologies aéronautiques.
Tl;dr
- Thales et Amelia testent l’évitement des traînées de condensation.
- Jusqu’à 2500 tonnes de CO2 évitées en 2025.
- Des résultats salués malgré les réticences du secteur aérien.
Une expérimentation inédite saluée par les ONG
Sous l’impulsion de Thales et de la compagnie aérienne Amelia, un projet pilote mené sur le territoire français a permis d’esquisser une nouvelle voie pour réduire l’empreinte climatique de l’aviation.
L’annonce, faite le 19 mars 2025, fait suite à une année d’essais où la trajectoire de 59 vols a été ajustée grâce à un calculateur développé par Thales. Objectif : contourner les zones propices à la formation de ces fameuses traînées blanches dans le ciel, dont l’impact sur le climat s’avère comparable à celui du CO2.
L’impact climatique du secteur en question
À mesure que le trafic aérien reprend son envol au-delà des niveaux d’avant-crise sanitaire, la pression s’accroît pour limiter ses conséquences environnementales. Aujourd’hui, le secteur représente environ 2,5% du CO2 d’origine humaine.
Mais les traînées de condensation, ces traces éphémères laissées derrière les avions, représentent également un impact climatique significatif : leur effet serait « du même ordre de grandeur » que celui du dioxyde de carbone, d’après les responsables du projet.
Un déploiement concret et déjà mesurable
En pratique, seulement 59 vols sur les 6500 opérés par Amelia en 2025 ont bénéficié de cette optimisation. Le bilan est encourageant : jusqu’à 2500 tonnes équivalent CO2 évitées, avec une hausse marginale (moins de 0,1%) de la consommation de kérosène – soit environ 700 kg supplémentaires. L’outil mis au point par Thales, capable d’optimiser rapidement la trajectoire des appareils, a prouvé sa robustesse à l’échelle opérationnelle : « Le premier progrès, c’est d’avoir réussi à passer à l’échelle », souligne Julien Lopez, chargé des opérations vertes chez Thales.
Pour ce dernier, adapter dès maintenant les parcours aériens constitue un levier efficace alors que la mise au point de moteurs moins gourmands nécessite encore « 25 à 30 ans » de développement.
Scepticisme persistant et perspectives d’avenir
L’expérience n’a pas fait immédiatement consensus. Dès son lancement il y a un an, plusieurs acteurs français du secteur aéronautique ont exprimé leurs réserves. Les critiques portaient principalement sur l’incertitude scientifique entourant les bénéfices concrets de l’évitement des traînées – qui ne restent dans l’atmosphère que quelques minutes –, ainsi que sur la fiabilité des modèles météo utilisés. Pourtant, selon une étude relayée par l’ONG Transport & Environment, généraliser ce type d’ajustement pourrait diviser par deux l’impact climatique des traînées avant 2040.
Reste donc à voir si cette avancée technologique incitera d’autres compagnies ou industriels à franchir le pas – ou si le secteur préférera attendre des preuves supplémentaires.