Les taxis annoncent un mouvement de protestation pour la rentrée prochaine

Image d'illustration. Taxis en attente à un carrefour parisien animéADN
À l’approche de la rentrée, les chauffeurs de taxi organisent une nouvelle mobilisation. Ce mouvement s’inscrit dans la continuité de leurs revendications face aux évolutions du secteur et aux récentes décisions affectant leur profession.
Tl;dr
- Les taxis prévoient une mobilisation dès le 5 septembre.
- La réforme modifie la prise en charge des transports patients.
- Les professionnels craignent une perte de chiffre d’affaires.
Mobilisation à l’horizon pour les taxis parisiens
Alors que la rentrée s’annonce électrique, les tensions montent chez les taxis. Après une première série de manifestations au printemps, le secteur entend faire de nouveau entendre sa voix dès le 5 septembre. Le point d’achoppement ?
La récente réforme sur la prise en charge des frais de transport de patients, qui cristallise aujourd’hui toutes les inquiétudes. Une réunion décisive réunissant plusieurs fédérations est prévue ce mercredi pour élaborer le détail d’une mobilisation susceptible de se traduire par des blocages dans des points névralgiques de Paris.
Des règles profondément remaniées
Cette agitation n’est pas sans raison : début août, une nouvelle convention publiée au Journal officiel a bouleversé l’organisation du transport sanitaire assuré par les taxis.
Désormais, le forfait de prise en charge va être harmonisé sur tout le territoire et revalorisé ; pourtant, il ne sera plus question de rembourser généreusement les trajets « à vide » – ces retours sans patient – qui pesaient lourd dans la facture globale. À partir d’octobre, ces modifications entreront en vigueur.
Un secteur fragilisé par la réforme
Ce que redoute avant tout la FNDT, c’est un choc économique majeur pour les professionnels concernés. Selon cette fédération, jusqu’à 30 % du chiffre d’affaires pourraient s’évaporer avec cette réforme. Il faut dire que la majorité des taxis – environ 85 % – vivent largement du transport médical : pour certains chauffeurs, il représente même jusqu’à 80 % de leurs revenus. Au cœur du débat, une réalité avancée par Dominique Buisson, secrétaire général de la FNDT : ce mouvement concerne aussi « aussi pour les assurés qui risquent de ne plus avoir de prestataires pour leur transport sanitaire ».
À ce stade, trois enjeux majeurs sont mis en avant par les acteurs du secteur :
- Pérennité économique des chauffeurs confrontés à une baisse annoncée des revenus.
- Continuité du service aux patients, notamment dans les zones rurales éloignées.
- Soutien collectif, au-delà des seuls professionnels impactés.
L’assurance maladie et ses objectifs budgétaires
Face aux critiques, l’Assurance maladie défend sa position : selon elle, cette évolution permettra à la majorité des taxis de conserver voire d’améliorer leur activité. Mais il s’agit surtout de contenir l’explosion des dépenses liées au transport sanitaire — désormais chiffrées à près de 6,7 milliards d’euros en 2024, soit une hausse annuelle vertigineuse de 7 %. Détail marquant : si au début des années 2000, les taxis ne représentaient qu’une infime partie des coûts (<20 %), ils pèsent aujourd’hui presque la moitié du total.
Le phénomène s’explique aussi par un autre facteur : « Les patients multiplient les rendez-vous et doivent parfois parcourir de longues distances suite à l’éloignement progressif des centres médicaux », constate Dominique Buisson.
Au fil des jours à venir, tous les regards se tourneront vers cette mobilisation annoncée et ses conséquences possibles sur l’accès aux soins comme sur l’équilibre économique fragile du secteur taxi.