Les risques méconnus des en-cas sans sucre : un expert alerte sur la santé intestinale et la prise de poids

Image d'illustration. Granules d'aspartame.ADN
Un spécialiste met en garde contre les risques insoupçonnés des collations sans sucre sur la santé intestinale, la gestion de l’insuline et la prise de poids, soulignant que l’absence de sucre ne garantit pas l’innocuité de ces produits.
Tl;dr
- Les produits « zéro sucre » peuvent perturber le métabolisme.
- Édulcorants artificiels et additifs nuisent à la santé intestinale.
- Privilégier aliments naturels pour un meilleur équilibre.
L’envers du décor des produits « zéro sucre »
Depuis quelques jours, une vidéo du Dr Anshuman Kaushal, chirurgien en gastro-entérologie basé à Delhi et figure connue sur Instagram sous le pseudonyme theangry_doc, suscite de vives réactions. Derrière l’attrait marketing des aliments étiquetés « zéro sucre » ou « diététiques », il met en lumière une réalité nettement plus complexe. Selon lui, ces produits, bien loin d’être inoffensifs, exposeraient les consommateurs à de nouveaux risques métaboliques et digestifs.
Les édulcorants artificiels : un leurre métabolique
Le recours massif aux édulcorants artificiels – sucralose, maltitol ou encore sorbitol – est pointé du doigt. Contrairement à ce que suggèrent les emballages rassurants, ces alternatives au sucre traditionnel pourraient avoir un impact tout aussi important sur le métabolisme. Des études récentes, publiées notamment dans le Yale Journal of Biology et le JAMA, révèlent que la simple perception du goût sucré active le circuit de la récompense dans le cerveau. Or, lorsque l’énergie attendue ne suit pas, cela entraîne des pics d’insuline, stimule l’appétit et favorise une surconsommation calorique – jusqu’à 30 % supplémentaires selon certaines données.
Plus inquiétant encore : les effets de certains édulcorants comme le sucralose. Même en l’absence de glucose, il peut faire grimper l’insuline de 30 %. Quant au maltitol, validé par l’Autorité européenne de sécurité des aliments, il élèverait la glycémie de 52 % comparé au sucre classique ; le sorbitol, lui, causerait des troubles digestifs dès faibles doses.
Additifs cachés et déséquilibres intestinaux
L’envers du décor ne s’arrête pas là. De nombreux snacks « sans sucre », barres protéinées ou biscuits allégés recèlent d’additifs alimentaires : émulsifiants artificiels, amidons raffinés (tapioca, riz…) et stabilisants y pullulent. Une synthèse publiée dans Nature en 2024 souligne que certains émulsifiants peuvent altérer la muqueuse intestinale et favoriser inflammation et résistance à l’insuline. Ces ingrédients induisent souvent un index glycémique élevé – parfois supérieur au sucre de table –, poussant notre cerveau à réclamer toujours plus d’énergie.
Ainsi, paradoxalement, consommer régulièrement ces produits peut conduire à manger davantage lors des repas suivants. Parmi les recommandations avancées par le Dr Kaushal, on retiendra :
- Miser sur les aliments peu transformés et riches en fibres
- Privilégier des douceurs naturelles comme la stévia avec modération
- Savourer des fruits entiers ou du chocolat noir (>70 % cacao)
Manger moins transformé : un choix durable pour la santé
Le message clé du spécialiste d’Indraprastha Apollo Hospital, fort de ses 24 ans d’expérience en chirurgie bariatrique et digestive, est limpide : « zéro sucre ne veut pas dire zéro risque ». Pour préserver son équilibre métabolique comme sa flore intestinale, il vaut mieux revenir vers une alimentation authentique et modérément sucrée plutôt que céder aux sirènes trompeuses des rayons diététiques.