Les immatriculations de véhicules électriques s’envolent en France depuis le début de l’année

Image d'illustration. Voiture électrique ADN
Depuis le début de l’année, les immatriculations de véhicules électriques connaissent une croissance marquée en France. Ce dynamisme du marché reflète l’intérêt croissant des automobilistes pour des solutions de mobilité plus écologiques.
Tl;dr
- Ventes électriques en forte hausse malgré marché global en repli.
- Part croissante des voitures électriques chinoises.
- Effet « leasing social » en perte de vitesse, mais relancé bientôt.
Les chiffres contrastés d’un marché automobile sous tension
À contre-courant d’une conjoncture peu favorable, le segment de la voiture électrique poursuit son ascension. Sur les quatre premiers mois de l’année, la Plateforme automobile (PFA), qui fédère l’ensemble des constructeurs, a recensé une progression fulgurante de 48 % des ventes de véhicules électriques neufs sur le territoire français, soit pas moins de 148 302 immatriculations. Ce dynamisme contraste nettement avec la morosité ambiante du secteur.
Le thermique à la peine, l’électrique résiste
En avril, l’ensemble des motorisations confondues a totalisé 138 339 nouvelles voitures vendues dans l’Hexagone. Ce chiffre traduit une quasi-stagnation (-0,26 %) par rapport à l’an passé. Depuis janvier, le marché cumule 539 895 immatriculations, affichant ainsi un recul notable de 1,6 % face à la même période de l’année précédente. Et si l’on élargit la perspective au-delà du contexte récent, il apparaît que le volume global reste encore inférieur de 27,19 % à celui observé avant la crise du Covid-19.
Pour illustrer ce recul durable, un porte-parole des constructeurs souligne que « le mois d’avril est un petit mois ; auparavant on atteignait plutôt les 175 000 unités mensuelles ». Le marché s’est donc contracté d’environ un quart depuis 2019, amputant annuellement près de 500 000 véhicules aux volumes traditionnels.
L’électrique stimulé par les modèles chinois et les flottes
Seule réelle embellie : la progression continue des voitures électriques, dont la part atteint désormais 26 % des ventes mensuelles selon la PFA. Cette dynamique doit beaucoup à une montée en puissance des modèles chinois : ils représentent aujourd’hui déjà 7 % du segment électrique. Plusieurs facteurs sont évoqués pour expliquer cet essor :
- Diversification de l’offre, notamment avec les modèles d’entrée de gamme comme ceux proposés par Renault.
- Mise en conformité légale obligeant les flottes professionnelles à passer progressivement à l’électrique.
- Aides publiques, telles que le dispositif de « leasing social » lancé pour 50 000 véhicules dès l’automne dernier.
Entre incertitudes économiques et nouveaux leviers gouvernementaux
Les industriels attribuent également ces évolutions à une forme de rattrapage après un début d’année précédente particulièrement morose. Cependant, le soutien lié au « leasing social » commence à s’estomper ; conscient de cet effet d’aubaine décroissant, le gouvernement prépare déjà un nouveau plan similaire pour renforcer encore ce virage électrique. Par ailleurs, l’impact d’une éventuelle hausse des prix des carburants liée aux tensions géopolitiques demeure difficile à mesurer pour l’instant — seul le suivi attentif des prochaines commandes permettra d’en apprécier pleinement les répercussions sur le comportement des acheteurs.
Dans cette période charnière où se mêlent hésitations économiques et innovation technologique, tous les regards se tournent vers l’évolution prochaine du marché tricolore.