Les hausses de prix des matériaux suscitent la préoccupation chez les acteurs du bâtiment

La montée continue des prix des matériaux préoccupe fortement les acteurs du secteur du bâtiment. Face à ces augmentations, entrepreneurs et artisans redoutent une fragilisation de leur activité et s’interrogent sur l’avenir de leurs chantiers.

Travaux de construction maison neuve
Image d'illustration. Travaux de construction maison neuve — ADN

Tl;dr

  • Flambée des prix du gazole et matériaux.
  • Artisans du bâtiment inquiets pour leur rentabilité.
  • Peu de mesures d’aide, risques pour la reprise.

Des artisans du bâtiment face à la hausse des coûts

La situation des artisans du bâtiment inquiète de plus en plus. Déjà fragilisés par trois années difficiles et les intempéries qui ont paralysé le secteur en début d’année, ils voient aujourd’hui s’ajouter un nouvel obstacle : la flambée des prix des carburants et des matériaux, conséquence directe du conflit au Moyen-Orient. Les professionnels commencent à mesurer l’ampleur de l’impact sur leurs chantiers, particulièrement avec le prix du gazole non routier (GNR), essentiel au fonctionnement des engins de chantier.

L’effet domino de la guerre sur les coûts

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon une enquête menée auprès de 2 600 adhérents de la Capeb, syndicat représentant les artisans du secteur, plus de la moitié ressentent déjà l’effet de la hausse du GNR. La situation se complique davantage : près de deux tiers déclarent avoir reçu récemment des avis d’augmentation tarifaire émanant de leurs fournisseurs. Comme le souligne Laurent Beaugiraud, à la tête du Pôle habitat de la Fédération française du bâtiment (FFB), cette tendance s’étend aussi aux négociations avec les industriels.

Pour préciser ces augmentations, voici les matériaux principalement touchés :

  • Produits bitumineux et dérivés pétroliers
  • Cuivre et aluminium
  • Matériaux à fabrication énergivore ou liés au pétrole, comme le polystyrène ou certains bois transformés

L’amplitude des hausses varie, oscillant généralement entre +2,5 % et +20 %, y compris pour des produits où le lien avec le pétrole semble ténu – une situation que trouve « troublante » Jean-Christophe Repon, président de la Capeb.

Un secteur en quête d’accompagnement

Face à ces difficultés croissantes, un sentiment d’injustice s’exprime. Tandis que le gouvernement a annoncé des dispositifs spécifiques pour certains secteurs — pêcheurs ou agriculteurs — rien n’a été proposé, jusqu’à présent, pour soutenir les chantiers impactés par cette nouvelle inflation. Une absence qui nourrit frustration et résignation parmi les artisans ; à tel point que la Capeb met en place une cellule de crise dédiée à la santé mentale.

L’avenir incertain de la reprise immobilière

Cette tension survient alors que quelques signes encourageants venaient d’apparaître sur le front de la construction de logements neufs. Cependant, comme l’indique Laurent Beaugiraud, personne ne peut anticiper pleinement « l’impact réel du conflit sur les mois à venir ». Si l’inflation devait persister, une remontée des taux d’intérêt pourrait encore fragiliser le pouvoir d’achat des ménages et compromettre la timide reprise entrevue en début d’année.

Morgan Fromentin

Spécialiste Économie

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