Les enseignes françaises de grande distribution en retard dans la transition vers une alimentation durable

Image d'illustration. Supermarché rayon fraisADN
Les grandes enseignes françaises peinent à progresser dans la transition vers une alimentation plus durable, selon plusieurs études récentes. Leur retard se traduit notamment par une offre limitée en produits responsables et des engagements jugés insuffisants par les experts du secteur.
Tl;dr
- Les supermarchés français sont en retard sur le climat.
- Leclerc, Carrefour et Intermarché hors du top 10 européen.
- Les distributeurs néerlandais et allemands dominent le classement.
Un classement peu flatteur pour la grande distribution française
Difficile de masquer la déception qui entoure le dernier rapport publié mardi par le centre de réflexion Questionmark. Selon cette étude soutenue par le Réseau action climat (RAC), les principales enseignes françaises accusent un net retard sur la lutte contre le changement climatique. Aucun acteur tricolore ne se hisse dans le top 10 européen : Carrefour se contente d’une modeste 12e place, suivi de loin par Intermarché (20e). Quant à E.Leclerc, pourtant leader en parts de marché dans l’Hexagone, il ferme la marche en dernière position sur les 27 enseignes passées au crible.
L’Europe du Nord donne l’exemple
Pendant que les chaînes françaises peinent à convaincre, leurs homologues des Pays-Bas s’imposent comme références. La filiale néerlandaise de Lidl décroche la première place du classement, devant les distributeurs locaux Albert Heijn (3e) et Jumbo (4e). On retrouve également dans ce peloton de tête :
- Lidl Pologne, Allemagne et Espagne, aux 2e, 5e et 6e places respectives ;
- Aldi Süd et Rewe, deux géants allemands occupant la 7e et la 8e positions ;
- Migros et Denner, représentants suisses fermant le top 10.
Plus loin, on retrouve encore des acteurs majeurs comme le britannique Tesco, ou encore l’enseigne suédoise ICA.
Pénalités françaises : stratégies floues et émissions persistantes
L’étude a retenu deux critères essentiels : d’abord l’effort consenti pour réduire les émissions de CO₂ conformément à l’Accord de Paris de 2015. Ensuite, la capacité à réorienter les ventes vers davantage de protéines végétales au détriment de la viande. Si, sur ce terrain, Carrefour semble légèrement mieux armé — seul à avoir publié une feuille de route chiffrée à court terme — ses progrès restent timides. Les auteurs constatent même que « les émissions totales de gaz à effet de serre chez Carrefour France et Intermarché ont augmenté depuis qu’ils publient leurs données ». Quant à E.Leclerc, l’incertitude demeure, faute d’indicateurs complets au-delà de l’année passée.
L’appel au sursaut réglementaire français s’intensifie
Face à ce constat préoccupant, le RAC presse désormais les pouvoirs publics d’agir. L’organisation invite expressément le gouvernement à renforcer l’encadrement des grandes surfaces et à publier sans délai la très attendue Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (SNANC), laissée en suspens depuis plus de deux ans. Le sujet n’a donc pas fini d’agiter la grande distribution française — ni ceux qui espèrent y voir éclore des pratiques réellement responsables.