En bref
- James Cameron voulait faire un Spider-Man plus sombre, réaliste et adulte dès les années 1990.
- Son film aurait montré un Peter Parker isolé, plus violent et marqué par les problèmes sociaux.
- Malgré un projet ambitieux avec de grands méchants et une vision moderne, le film n’a jamais vu le jour mais a influencé le genre.
Avant l’explosion des films de super-héros, James Cameron avait déjà une idée très précise de ce que Spider-Man pouvait devenir au cinéma. Et pas une petite variation pop. Un vrai virage. Son projet, développé entre Terminator 2 et True Lies, visait un Peter Parker plus ancré, plus rude, presque en avance sur ce que Christopher Nolan fera plus tard avec Batman.
Un projet qui aurait pu arriver bien avant la vague moderne
Au début des années 1990, Marvel ne brillait pas franchement au cinéma. C’est dans ce contexte que James Cameron travaille d’abord sur un film X-Men avec Lightstorm Entertainment. Puis tout déraille quand Stan Lee lui parle de Spider-Man. Lors d’une conférence en 2012, Chris Claremont a raconté que les échanges sur X-Men s’étaient pratiquement arrêtés sur place tant James Cameron s’animait sur l’homme-araignée.
Ce détail compte, parce que le cinéaste ne venait pas juste poser son nom sur une licence. Il avait une vision, et elle allait déjà plus loin que le simple blockbuster à costume.
Un Peter Parker plus brutal, plus social, plus adulte
Le cœur du script, c’est un Peter Parker plus frontal. L’araignée qui le transforme a elle-même été altérée après avoir mangé une drosophile génétiquement modifiée. Ensuite, fièvre, hallucinations, réveil brutal, et apparition des toiles organiques, une idée souvent attribuée plus tard au film de Sam Raimi.
Mais le plus intéressant est ailleurs. James Cameron insiste sur l’isolement social de Peter, gamin modeste dans un environnement plus riche, et sur une vraie tension de classe. À un moment, il découvre 20.000 dollars chez un dealer. Plus tard, il disperse même 250 millions de dollars au-dessus de Manhattan, transformant la ville en fête géante. Pour un film jugé trop sombre, l’image a quelque chose de très clair.
Des méchants taillés pour le grand spectacle
Le projet n’évitait pas les passages discutables, notamment une scène sexuelle souvent moquée par les fans. Mais il posait aussi des enjeux concrets. Quand Spider-Man affronte des voleurs et découvre que ce sont des enfants, l’un d’eux chute et meurt en fuyant. Pas anodin.
Face à lui, Carlton Strand, mélange d’Electro et du Kingpin, avec Boyd, version Sandman, comme homme de main. Le final devait se jouer au sommet du World Trade Center, avec Mary Jane Watson en danger, une baston sauvage contre Sandman puis un affrontement aérien au milieu des éclairs. Avec Cameron aux commandes, ça sentait le très lourd.
Design, casting et héritage d’un film jamais né
Côté look, un concept art publié dans Tech Noir: The Art of James Cameron montrait déjà Spider-Man grimpant sur un gratte-ciel de Manhattan. En 1993, la représentante Marvel Pamela Rutt expliquait aussi que le costume reviendrait vers un design plus fidèle aux débuts du personnage, avec des changements autour des yeux.
Pour le casting, Leonardo DiCaprio a bien été approché, mais l’acteur a ensuite minimisé la piste. Il disait ne pas se sentir prêt à enfiler le costume. Lance Henrikson et Michael Biehn ont aussi circulé pour jouer Carlton Strand et Boyd.
Des années plus tard, James Cameron résumait son envie en parlant d’une approche « une réalité rugueuse », proche de Terminator et Aliens. Quand on voit la suite de l’histoire du genre, le rendez-vous manqué pèse encore.