Le projet sur le travail du 1er mai pourrait-il finalement voir le jour dès 2026 ?

Image d'illustration. Gros plan des fleurs délicates de muguet dans un vase rustique sur une table en boisADN
Alors que la perspective de travailler le 1er mai fait débat, le projet de réforme demeure en suspens pour l’année 2026. Les discussions restent ouvertes et aucune décision définitive n’a encore été prise par les autorités concernées.
Tl;dr
- Blocage sur le travail le 1er-Mai à l’Assemblée.
- Bruno Retailleau propose d’activer l’article 45.
- Décision reportée pour une solution d’ici 2027.
Le débat sur le travail du 1er-Mai en suspens
Au sein de l’hémicycle, la question du travail le 1er-Mai cristallise tensions et manœuvres. Alors que le gouvernement cherche à ménager syndicats et opposition de gauche, la proposition de loi visant certains salariés se retrouve dans une impasse parlementaire.
Ce blocage a été exacerbé lundi par la décision du Premier ministre, Sébastien Lecornu, de ne pas convoquer de commission mixte paritaire. Son argument ? Privilégier « un dialogue social approfondi avec les partenaires sociaux sur le périmètre des activités et commerces concernés par un travail le 1er-Mai ». Mais derrière cette prudence affichée se cachent des désaccords politiques majeurs.
Une stratégie parlementaire contestée
Les débats n’ont cessé de s’enflammer, notamment après une manœuvre inattendue du groupe Ensemble pour la République (EPR). Ces derniers ont fait voter une motion de rejet contre leur propre texte – un procédé qualifié par certains d’astuce réglementaire, voire de détournement des règles de l’Assemblée. Cette opération visait à accélérer le parcours législatif en expédiant directement le texte en commission mixte paritaire, court-circuitant ainsi les débats potentiellement interminables.
La réaction ne s’est pas faite attendre : à gauche, surtout au sein du Parti socialiste, la colère gronde. Selon Sophie Binet (CGT), il s’agirait ni plus ni moins d’un « coup de poignard dans le dos des millions de travailleurs et travailleuses ». Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a même menacé de déposer une motion de censure. À droite et à l’extrême droite, critiques et ironie fusent également : Jordan Bardella (Rassemblement national) s’est moqué d’un exécutif qualifié « d’impuissant ».
L’option constitutionnelle mise en avant
C’est là qu’intervient Bruno Retailleau, président des Républicains et candidat déjà déclaré pour la présidentielle 2027. Face à cette impasse, il exhorte les présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale – Gérard Larcher et Yaël Braun-Pivet – à recourir à l’article 45 de la Constitution. Ce levier permettrait, sous certaines conditions précises, d’imposer la réunion d’une commission mixte paritaire chargée d’élaborer un compromis sur ce texte conflictuel.
Petite subtilité technique toutefois : seuls les textes issus d’une proposition émanant des députés peuvent profiter de ce dispositif – condition justement remplie ici. Mais tout dépend désormais de la volonté conjointe des deux présidents d’assemblée.
Pistes pour l’avenir proche… ou plus lointain ?
En séance publique mardi, la députée Nicole Dubré-Chirat, membre du groupe Ensemble pour la République, a rappelé que ce projet était « attendu par des dizaines de milliers de commerçants dans notre pays ». Pourtant, le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, s’efforce surtout de temporiser : il évoque une insécurité juridique à clarifier et promet qu’une future loi viendra réconcilier toutes les parties. Selon lui, « Tout cela prendra quelques mois… On réglera ce sujet en 2026 pour qu’il soit traité au 1er mai 2027. C’est un engagement que je prends aujourd’hui. »
À ce stade donc, rien n’est encore tranché : entre pression syndicale et querelles politiques, seule certitude – le dossier n’a pas fini d’agiter l’agenda législatif français.