En bref
- Le fils unique garde une part légale
- La Fondation contrôle déjà des biens clés
- L’engagement animalier doit continuer
En France, on ne déshérite pas librement son enfant. C’est le point de départ dans le dossier laissé par Brigitte Bardot, morte le 28 décembre à 91 ans. Son fils unique, Nicolas Charrier, a droit à une part minimale de la succession, même si leur relation a longtemps été décrite comme très difficile.
La loi ferme la porte à une exclusion totale
Avec un seul enfant, la règle est nette. La moitié du patrimoine lui revient au titre de la réserve héréditaire, prévue par le droit français et encadrée par la loi du 23 juin 2006. Autrement dit, un testament ne peut pas effacer ce seuil.
Le reste seulement peut être transmis librement. Le principe vaut aussi pour les autres configurations familiales, avec des parts réservées plus larges dès qu’il y a plusieurs enfants. Ici, le cas est plus simple sur le papier, puisqu’il n’y a qu’un héritier direct.
Un lien familial longtemps resté sous tension
Le contraste est quand même frappant. Nicolas Charrier, né de la relation entre Brigitte Bardot et l’acteur Jacques Charrier, avait été confié très tôt à la garde exclusive de son père, loin des projecteurs.
Des années plus tard, l’actrice avait publiquement parlé de ce lien en des termes d’une rare brutalité, allant jusqu’à dire « J’aurais préféré accoucher d’un petit chien ». Ces propos lui avaient valu des procédures pour diffamation et atteinte à la vie privée, engagées par son ex-mari et par leur fils. Résultat, la question successorale ramène aussi une histoire familiale ancienne, lourde, très exposée malgré la discrétion des intéressés.
La Madrague et la Fondation changent l’équation
Tout le patrimoine n’entre pas forcément dans le même panier. La Madrague, la villa emblématique de Saint-Tropez, a été intégrée dès 1992 au capital de la Fondation Brigitte Bardot.
Ce détail compte beaucoup. La fondation, créée en 1986 puis reconnue d’utilité publique, dispose d’environ 300 personnes et agit dans plus de 70 pays. Elle tire aujourd’hui l’essentiel de ses moyens, jusqu’à 95 %, des legs qu’elle reçoit, sans droits de succession. En gros, une partie de ce qui symbolise Brigitte Bardot relève déjà d’une structure autonome tournée vers la cause animale.
L’héritage matériel d’un côté, l’héritage moral de l’autre
La succession ne se résume donc pas à une transmission familiale classique. Il y a d’un côté les biens relevant du patrimoine personnel, de l’autre une œuvre déjà organisée autour de la fondation.
L’organisation a d’ailleurs fait savoir qu’elle continuerait à porter l’œuvre de Brigitte Bardot avec fidélité à ses idéaux. C’est sans doute là que se joue la suite la plus visible. Son fils conserve des droits protégés par la loi, mais les animaux, eux aussi, restent au centre de ce qui survit à B.
B.
Vos questions, nos réponses
Qu’est-ce que la réserve héréditaire ?
C’est la part minimale d’un héritage que la loi protège pour les enfants. En présence d’un seul enfant, cette part correspond à la moitié du patrimoine. Le défunt peut organiser le reste, mais pas supprimer ce socle.
Un testament peut-il modifier la part du fils unique ?
Oui, mais seulement sur la fraction libre du patrimoine. Le testament ne peut pas descendre sous le seuil réservé à l’enfant. C’est précisément ce qui rend ce type de succession assez encadré en droit français.
Pourquoi La Madrague ne suit-elle pas forcément la succession classique ?
Parce que cette propriété a été intégrée au capital de la Fondation Brigitte Bardot en 1992. Si un bien appartient déjà à une structure distincte, il ne se transmet pas comme un bien personnel ordinaire.
Quel rôle joue encore la Fondation Brigitte Bardot ?
Elle prolonge l’engagement animalier de sa fondatrice. Reconnue d’utilité publique, active dans plus de 70 pays, elle fonctionne avec une équipe importante et finance une grande partie de ses actions grâce aux legs reçus.