Le milliardaire conservateur Vincent Bolloré comparaîtra pour corruption dans le dossier des « ports africains »

Image d'illustration. Vue intérieure d une grande salle d audienceADN
Vincent Bolloré, homme d’affaires français parmi les plus puissants, va comparaître devant la justice en France. Il est accusé de corruption dans la gestion de concessions portuaires en Afrique, une affaire aux retombées internationales majeures.
Tl;dr
- Vincent Bolloré jugé à Paris en décembre 2026.
- Corruption d’agent public au Togo, « affaire des ports africains ».
- Procédure contestée, recours devant la Cour européenne.
Un procès inédit pour Vincent Bolloré en décembre 2026
Le calendrier judiciaire se précise pour Vincent Bolloré. Le milliardaire conservateur de 73 ans, figure emblématique de l’industrie et des médias en France, devra répondre de graves accusations devant le tribunal correctionnel de Paris.
L’audience, fixée du 7 au 17 décembre 2026, portera sur l’affaire des « ports africains », révélée en mars par plusieurs sources proches du dossier et confirmée par l’AFP.
Des soupçons de corruption autour du port de Lomé
Au cœur du dossier : le rôle joué par l’agence de publicité Euro RSCG (devenue depuis Havas, une filiale du groupe Bolloré) dans la campagne présidentielle togolaise de 2010. Selon les juges, cette agence aurait offert ses services à un tarif très avantageux à Faure Gnassingbé, président du Togo.
En contrepartie, plusieurs avantages auraient été accordés dès mai 2019 au groupe français, notamment le prolongement de la concession du port de Lomé, mais aussi certains avantages fiscaux. D’autres volets s’ajoutent à ce dossier tentaculaire : les enquêteurs s’intéressent également aux relations avec la Guinée lors de la présidentielle d’Alpha Condé.
Aveu puis rebondissement procédural inattendu
En 2021, un tournant semblait se dessiner : Vincent Bolloré, accompagné de Gilles Alix (ancien directeur général) et Jean-Philippe Dorent (responsable international chez Havas), avait reconnu les faits dans le cadre d’une procédure de reconnaissance préalable de culpabilité. Une amende de 375 000 euros était alors envisagée pour solder l’affaire. Pourtant, coup de théâtre : le tribunal refuse d’homologuer cet accord. Depuis ce revers inattendu, l’industriel breton n’a cessé de contester la procédure.
Pour mémoire, voici les points essentiels contestés par la défense :
- Non-homologation du plaidoyer-coupable jugée préjudiciable à la présomption d’innocence.
- Saisine formelle devant la Cour européenne des droits de l’homme.
- Paiement par le groupe Bolloré d’une amende transactionnelle record.
Doutes sur l’équité du procès à venir
Les avocats, Maîtres Céline Astolfe et Olivier Baratelli, estiment qu’un procès équitable ne pourrait plus avoir lieu après ces rebondissements judiciaires. Selon eux, « la présomption d’innocence a subi une atteinte irrémédiable ». Ils ont donc multiplié les recours sur le plan procédural. Dernière étape en date : un recours devant la Cour européenne des droits de l’homme, qui aurait accepté d’examiner le dossier.
À mesure que s’approche l’échéance du procès parisien, cette saga judiciaire inédite suscite déjà un intérêt majeur dans le paysage économique et politique français — et sans doute bien au-delà.