Bitcoin en chute, la Banque de France refroidit encore les espoirs

Le bitcoin est passé sous les 60 000 dollars, tandis que la Banque de France rappelait sa forte volatilité. Dans le même temps, la BCE a laissé ses taux inchangés.

Bitcoin
Image d'illustration. Bitcoin — ADN

En bref

  • Bitcoin passe sous 56 000 euros
  • Banque de France alerte sur le risque
  • BCE laisse ses taux inchangés

Le contraste est net. D’un côté, Bitcoin décroche et repasse sous environ 56 000 euros (60 000 dollars), un niveau qu’il n’avait plus touché depuis seize mois. De l’autre, François Villeroy de Galhau estime que la bataille contre l’inflation en zone euro est désormais gagnée.

Deux signaux opposés dans la même séquence

Interrogé sur BFM Business, le gouverneur de la Banque de France a relié ces deux messages sans les mélanger. Pour lui, la chute récente du Bitcoin confirme surtout une chose, les cryptomonnaies restent un terrain de forte volatilité. Mais il a aussi pris soin de préciser que ce choc n’est pas systémique, autrement dit qu’il ne menace pas à ce stade l’ensemble du système financier.

Ce point compte. On parle ici d’un actif spéculatif qui bouge très vite, pas d’un pilier de la finance classique.

Le rappel très net sur le risque Bitcoin

Sur le fond, François Villeroy de Galhau n’a pas changé de ligne. Il a décrit le Bitcoin comme un actif « très volatil et très risqué », et il a mis en garde contre les promesses de rendements élevés sans contrepartie. Son message est simple, presque sec, il n’existe pas de gain élevé sans risque élevé.

Il a aussi glissé deux formules qui résument bien sa position. Il dit ne pas croire « au père Noël », puis rappelle que « les arbres ne montent pas jusqu’au ciel ». Bref, pour le patron de la Banque de France, investir dans le Bitcoin reste un choix individuel, mais sûrement pas un placement tranquille.

La BCE choisit de ne pas bouger

En parallèle, la BCE a décidé de maintenir ses taux directeurs inchangés. Cette décision intervient alors que l’euro se renforce face au dollar, dans un contexte monétaire qui reste observé de près.

Le gouverneur avance surtout un chiffre, 1,7 % d’inflation sur un an en janvier dans la zone euro. C’est en dessous de l’objectif officiel de la banque centrale. À ses yeux, cela permet d’affirmer que la victoire contre la hausse des prix est acquise.

Ce que cette séquence raconte du moment monétaire

Ce qui frappe, c’est l’opposition entre deux récits. Pendant que certains imaginaient des monnaies numériques capables de s’émanciper des institutions, le repli du Bitcoin rappelle la fragilité de ce type de pari. Et, face à cela, les autorités monétaires européennes mettent en avant une autre promesse, la stabilité.

L’avenir des cryptomonnaies reste ouvert. Mais pour les régulateurs européens, la priorité ne change pas, garder le cap.

Vos questions, nos réponses

Pourquoi le seuil des 60 000 dollars était-il suivi de près ?

Ce niveau avait une valeur surtout symbolique. Quand un actif aussi volatil que le Bitcoin passe sous un seuil rond, cela attire davantage l’attention des investisseurs et des responsables économiques. Ici, le fait marquant est aussi le timing, ce retour sous ce cap n’avait plus été vu depuis seize mois.

Que veut dire « pas systémique » dans ce contexte ?

Cela signifie que la baisse du Bitcoin, même brutale, n’est pas considérée comme une menace directe pour tout le système financier. En clair, le risque existe pour les détenteurs de cryptomonnaies, mais il n’est pas présenté comme un choc capable, à lui seul, d’emporter les banques ou l’économie de la zone euro.

Pourquoi la BCE laisse-t-elle ses taux inchangés ?

La logique avancée est liée à l’inflation. Si la hausse des prix ralentit jusqu’à 1,7 % sur un an, donc sous l’objectif visé, la banque centrale peut choisir de ne pas retoucher ses taux directeurs immédiatement. Ces taux servent à orienter le coût du crédit et, plus largement, le rythme de l’économie.

Le recul du Bitcoin change-t-il la vision des autorités européennes ?

Sur ce point, le discours reste cohérent. Les autorités rappellent depuis longtemps que les cryptomonnaies sont des actifs instables, avec des variations de prix parfois très fortes. La baisse récente ne crée donc pas une doctrine nouvelle, elle vient plutôt conforter un avertissement déjà ancien.

Morgan Fromentin

Spécialiste Économie

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