Le gouvernement appelle au calme et écarte toute ruée vers les stations-service

Le gouvernement appelle les automobilistes à garder leur calme face aux inquiétudes sur un éventuel manque de carburant, assurant qu’aucune pénurie n’est prévue dans les stations-service à ce stade.

Personne faisant le plein d'essence
Image d'illustration. Personne faisant le plein d'essence — ADN

Tl;dr

  • Aucune pénurie de carburant ni panique requise.
  • Surveillance renforcée de la situation économique et énergétique.
  • La volatilité des marchés inquiète, mais pas d’impact immédiat.

Bourses en chute libre et flambée du gaz : l’économie sous tension

Alors que la guerre au Moyen-Orient se prolonge, les principaux indices boursiers européens ont poursuivi leur descente mardi matin. À Paris, la Bourse a reculé de 2,12 %, Francfort a chuté de 2,81 %, Londres de 2,05 % et Milan a perdu jusqu’à 3,30 %. Lundi déjà, le repli avait frôlé les 2 % sur la plupart des places européennes. En toile de fond, c’est bien la hausse brutale des prix du pétrole qui alimente l’inquiétude. Le baril de Brent flirte désormais à nouveau avec les 80 dollars, tandis que le contrat à terme TTF néerlandais – référence pour le gaz naturel en Europe – a bondi ce matin de près de 25 %, atteignant 55,39 euros.

Pénurie ou emballement ? Les autorités tentent d’apaiser

Face à ces secousses, le ministre de l’Économie Roland Lescure et le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau se sont exprimés mardi pour rassurer. Selon eux, il n’existe « aucun risque d’approvisionnement à court terme en France ni sur le gaz, ni sur l’essence ». Inutile donc de céder à la panique dans les stations-service. Le message est clair : « Ne créons pas un problème qui n’existe pas. »

Sous haute surveillance : dispositifs exceptionnels à Bercy

Pour suivre ces évolutions préoccupantes, une « cellule de crise » se réunit chaque jour sous la direction du ministre afin d’analyser les marchés financiers et énergétiques. Des échanges quotidiens avec les représentants régionaux et les fédérations sectorielles – énergie, transport, logistique ou encore industrie – sont prévus aussi longtemps que durera ce pic d’incertitude. Parmi les éléments suivis avec attention figurent :

  • Cours du pétrole et du gaz naturel
  • Taux d’intérêt et indicateurs financiers clés
  • Secteurs industriels exposés aux tensions régionales

Taux d’intérêt : prudence recommandée malgré la volatilité

Si certains redoutent une envolée rapide des taux directeurs par la BCE, le gouverneur rappelle qu’« il serait prématuré d’envisager une telle décision dans l’urgence actuelle ». Il insiste sur les atouts conjoncturels français : « L’inflation demeure basse, la croissance montre sa résilience et notre secteur financier reste solide avec une exposition limitée au Moyen-Orient. » Une évaluation complète interviendra lors du prochain Conseil des gouverneurs mi-mars.

D’ici là, tous s’accordent sur un point : rien ne sert d’anticiper le pire, mais vigilance accrue demeure le mot d’ordre face aux risques géopolitiques qui secouent l’ensemble des marchés mondiaux.

Morgan Fromentin

Spécialiste Économie

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