En bref
- The Many Saints of Newark reste un chapitre controversé des Soprano.
- Dès le début, Christopher Moltisanti annonce le destin tragique qui attend les personnages.
- Malgré des critiques correctes, le film n’a pas rencontré le succès commercial espéré.
Cinq ans après sa sortie, The Many Saints of Newark continue surtout de hanter pour une raison très précise, sa scène d’ouverture. Le film est arrivé au cinéma et sur HBO Max en 2021, ramenant l’univers de The Sopranos après quatorze ans d’absence. Et malgré des retrouvailles attendues, c’est bien son prologue au cimetière qui colle encore à la peau.
Un retour tardif pour une franchise culte
Avec The Many Saints of Newark, la saga est revenue sous la forme d’un prequel. Le long métrage raconte les jeunes années de Tony Soprano, alors qu’il suit la trace de son oncle Dickie Moltisanti dans le crime organisé, sur fond de règne de la famille DiMeo.
Le film fait aussi exister à l’écran des personnages seulement évoqués dans la série. On y retrouve en version plus jeune Junior Soprano, Paulie Walnuts ou encore Silvio Dante. Pour les fans, c’était le vrai crochet.
Un projet né entre préquelle et film de jeunesse
David Chase n’a jamais vraiment poussé pour prolonger l’histoire après la fin volontairement floue de The Sopranos. En revanche, l’idée d’une préquelle l’intéressait davantage.
Le créateur voulait depuis longtemps tourner un film sur de jeunes hommes à Newark, dans le New Jersey, avec en toile de fond les émeutes de 1967. Ce projet ayant traîné pendant des années, il a fini par le fusionner avec son envie de revenir en amont de la série. C’est de là qu’est né The Many Saints of Newark.
Des chiffres loin du mythe HBO
Le résultat n’a pas eu le poids culturel espéré. Avec un budget de 50 millions de dollars, le film n’a rapporté qu’environ 13,1 millions de dollars.
La pandémie de Covid-19 a pesé, tout comme la sortie simultanée en salles et sur HBO Max, dans le cadre de la stratégie de Warner Bros. Pictures cette année-là. Côté critiques, le long métrage a obtenu 72% sur Rotten Tomatoes, un score correct pour un film, mais bien en dessous du prestige installé par la série.
Pourquoi la scène d’ouverture reste la plus forte ?
L’ouverture prend le contre-pied du reste. La caméra traverse un cimetière pendant que des morts racontent leur vie et leur fin. Parmi eux, Christopher Moltisanti, le neveu que Tony Soprano tuera plus tard dans la série.
Son monologue, traduit littéralement, explique qu’à son arrivée il a dit avoir seulement exploré une vie criminelle, qu’il était enfant de chœur, que Christopher Moltisanti est un nom religieux et qu’il est pourtant toujours condamné. Il ajoute avoir rencontré la mort sur la Route 23, pas très loin, mais bien plus tard. Le film rappelle ainsi d’entrée que tout ce qu’on voit mène déjà à la chute. C’est simple, noir, efficace.
Michael Gandolfini, le lien le plus évident avec la série
Autre fait marquant, le jeune Tony Soprano est joué par Michael Gandolfini, le fils de James Gandolfini. Il avait déjà été vu dans Ocean’s 8 et The Deuce, mais ce rôle l’a vraiment exposé.
Après The Many Saints of Newark, il a enchaîné avec Beau Is Afraid, Warfare et Daredevil: Born Again. Le film n’est pas indispensable pour tous les fans, mais comme pièce complémentaire écrite par David Chase, il garde un vrai intérêt. Surtout quand il regarde la mort droit dans les yeux.