Laurent Nuñez dévoile le projet de loi « Ripost » face au protoxyde d’azote et aux rodéos urbains

Image d'illustration. Gros plan d un document juridique avec stylo sur bureauADN
Le ministre Laurent Nuñez a dévoilé le projet de loi "Ripost", destiné à renforcer la lutte contre les usages détournés du protoxyde d’azote et à intensifier les sanctions face aux rodéos urbains, deux problèmes préoccupants.
Tl;dr
- Projet de loi « Ripost » contre délinquance et criminalité.
- Sanctions renforcées sur protoxyde, rodéos, stupéfiants, mortiers.
- Nouveaux pouvoirs pour forces de l’ordre et surveillance accrue.
Un nouveau virage sécuritaire sous l’ère Lecornu
Sur fond de débats budgétaires intenses puis d’une trêve imposée par la campagne municipale, le gouvernement Lecornu amorce une nouvelle étape.
Avec le projet de loi « Ripost », présenté ce mercredi en Conseil des ministres, l’exécutif affiche sa volonté d’imposer un « choc d’autorité » face à une délinquance jugée persistante et protéiforme. Ce texte-phare du quinquennat promet d’occuper les débats parlementaires jusqu’à l’automne.
Des mesures répressives tous azimuts
C’est sur le plateau du JT de TpF1 que Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, a dévoilé mardi soir la philosophie générale : répondre fermement aux atteintes à l’ordre public. Le volet répressif s’annonce large :
- Protoxyde d’azote : trois nouveaux délits instaurés — inhalation, transport illégitime et conduite sous emprise — assortis de lourdes peines (jusqu’à trois ans de prison et 9 000 euros d’amende).
- Rodéos urbains : instauration d’une amende forfaitaire délictuelle de 800 euros, doublée d’interdictions administratives touchant tous types de véhicules motorisés.
- Drogues : augmentation de l’amende forfaitaire à 500 euros pour usage simple et suspension automatique du permis en cas de récidive ; les multirécidivistes risquent même son annulation après passage devant commission médicale.
- Mortiers d’artifice : détention ou usage illicites punis jusqu’à trois ans d’emprisonnement. Les commerces contrevenants s’exposent à des fermetures administratives.
Sécurité renforcée dans les stades et lutte contre les squats
Autre axe notable : la protection des enceintes sportives. Désormais, l’interdiction administrative pourra frapper non seulement pour violences physiques mais aussi incitations à la haine ou discrimination.
Cette mesure s’appliquera dès la veille des rencontres et s’étendra aux fan zones ou parcours menant aux stades. Le gouvernement étend également la procédure d’expulsion rapide aux meublés touristiques squattés — un dispositif issu de la loi Kasbarian, jusqu’ici réservé à certaines catégories.
Moyens accrus pour les forces de l’ordre et innovations technologiques
Le texte ne se contente pas du registre punitif. Il ambitionne également un « choc d’efficacité » au service des enquêteurs. Plusieurs mesures inédites figurent dans ce second volet : extension expérimentale des caméras algorithmiques (hors reconnaissance faciale) jusqu’en 2030 sur tout site sensible, fouilles facilitées dans un rayon élargi autour des frontières, allongement possible à 72 heures des gardes à vue pour criminalité organisée financière… Par ailleurs, policiers et gendarmes bénéficieront désormais d’un accès renforcé à la lecture automatique des plaques avec conservation prolongée des données.
À travers cette réforme ambitieuse, le gouvernement espère conjuguer fermeté immédiate et outils modernes face aux défis sécuritaires actuels. Reste à voir quel accueil lui réservera le Parlement dans les mois à venir.