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L’alcool a donné un coup de pouce à l’évolution humaine il y a 10 millions d’années

Sciences > Alcool
Par Jérôme Nelra,  publié le 9 mai 2017 à 11h15.

Les travaux d'un généticien américain révèlent qu'une mutation a permis à l'homme de métaboliser l'alcool 40 fois plus rapidement.

Matthew Carrigan, généticien au Santa Fe College en Floride a révélé le penchant de nos très éloignés ancêtres pour l’alcool. Bien sûr, il ne faut pas les imaginer consommer un brevage dont l’élaboration ne sera maîtrisée que bien longtemps plus tard.

Ici, l’origine de ce que décrit le scientifique est naturelle, et provient de la consommation de fruits fermentés.

L’alcool des fruits fermentés

C’est la revue Sciences et Avenir qui relaie les résultats de ces travaux. « Il y a dix millions d’années, une mutation est survenue chez l’ancêtre africain des humains et des grands singes. Elle lui a permis de métaboliser l’éthanol — ou alcool éthylique— quarante fois plus rapidement ! », indique le généticien.

Le contexte ? La revue explique qu’en ces temps très anciens, les primates qui se nourrissaient de fruits ont été contraints de quitter leurs arbres après une période d’assèchement du climat. De fait, précise le scientifique, « Ils ont alors commencé à se nourrir de fruits tombés au sol… fruits qui étaient parfois fermentés ».

L’évolution humaine boostée par une mutation

En quoi cette consommation d’éthanol fut bénéfique ? Elle ralentit le métabolisme, aide à digérer et soutient le stockage des graisses. Mais nos ancêtres ont dû s’adapter « pour éviter de succomber trop vite à l’ébriété. Car dégringoler, ivres, des arbres ou s’assoupir dans un environnement où rôdaient les prédateurs leur aurait été fatal ». D’où cette capacité à une métabolisation ultre-rapide de l’alcool.

Cette étude fait écho à celle, pour ne citer qu’elle, menée par le Pr Dudley à l’Université de Californie il y a un peu plus de 10 ans. Il suggérait l’idée que notre espèce est génétiquement encline à être attirée par l’alcool. Ce biologiste révélait via sa théorie « des singes ivres » que « Nos ancêtres auraient notamment recherché très tôt ses effets sur l’humeur ». La suite, nous la connaissons. L’Homme n’a cessé de faire évoluer les techniques liées à l’alcool.

Le Récap
  • L’alcool des fruits fermentés
  • L’évolution humaine boostée par une mutation
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